Sheikh Ahmad Barrayn – Chants soufis


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  • CRITIQUE/

On parle beaucoup d’Islam aujourd’hui et d’individus qui dénigrent l’idée même d’écouter de la musique.

Ici on parle de ceux qui en jouent en la personne des soufies, comme je l’avais fait avec Nusrat Fateh Ali Khan dans un autre post, je tiens à faire découvrir ce chanteur qui porte son art au service de sa croyance. Un style un peu difficile pour l’oreille occidentale de part l’évolution du morceau, mais il faut savoir être patient pour que ce disque nous dévoile toute sa beauté. Les percussions n’arrivent qu’à presque 3 minutes, combien d’entre vous arrêteront-ils le morceau au bout de 30 secondes, alors que le morceau fait 30 minutes..?

Généralement muezzins et aveugles, ces chanteurs psalmodient et magnifient cette musique composée de peu d’instruments : percussions, flûte et chant, avec une orchestration souvent très minimaliste, c’est ce qui est remarquable ! La musique Qawali pakistanaise s’inspirant de la musique indienne est pour le coup une musique bavarde et étoffée.

Nous trouvons dans ce disque le morceau qui accompagnait l’arrivée du prophète dans les villes. Avec ces morceaux assez longs, cette musique est jubilatoire et exaltante ! Ocollus

Cliquez pour écouter (ci-dessous)

Al ‘Asfûr………

En pays musulman, les aveugles pauvres survivent en apprenant le Coran par coeur pour devenir récitants professionnels, sollicités à chaque cérémonie familiale, baptême, circoncision, mariage, pèlerinage, décès. Sheikh Ahmad Barrayn, aveugle, chante comme un illuminé. Un feu l’allume dès qu’il loue Allah. Les yeux parfois voilés de grandes lunettes noires, levés au ciel, guidé par une flûte à la tendresse infinie, Ahmad Barrayn implore jusqu’à percer les tympans des spectateurs stupéfaits. C’est le tarab, l’extase.

L’auditoire, qui mêle hommes dodelinant de la tête, femmes et enfants, est transi. Beaucoup considèrent Sheikh Ahmad Muhammad Barrayn comme le plus grand munshid, hymnode de Haute-Egypte, donc de tout le pays. En effet, le Balad Essaïd, nom arabe de la Haute-Egypte, région du centre, est fertile en vocalistes, notamment traditionnels. Quant à Ahmad Barrayn, ses déclamations aux étoiles n’ont pas pâli depuis sa première venue en France en 1985, aux Journées de musiques arabes du Théâtre des Amandiers à Nanterre, alors animé par Chéreau.

Ecole coranique. Ahmad Barrayn est né en 1939 à Deir, village nilote poussiéreux, au sud de Louxor. Il perd la vue à 3 ans. Reste l’école coranique; soit les 66 sourates à assimiler, souvent à coups de chicotte d’olivier, plante réputée pour caresser à ravir la plante des pieds des élèves réticents. A 12 ans, Ahmad Barrayn s’initie aux subtilités du chant coranique auprès de vieux Sheikh Suleiman Hussein, professeur célèbre du Balad Essaïd. Ensuite, l’étudiant Barrayn se frotte à la science exigeante des exégètes de l’Université islamique d’Al-Azhar du Caire, où il passe trois années.

Ahmad Barrayn sera ainsi prêt à clamer le mâdih, cette forme poétique arabe immémoriale faite de louanges à la gloire d’Allah, sa religion et son Envoyé.

DAOUDI Bouziane

1 ‘Ul Bet Al-Sabr 26:18
2 Tala’ Â Al-Badru ‘Alaina 6:02
3 Al ‘Asfûr 28:04
4 Layâlî 7:07

Longue distance

2 commentaires

    • Je le savais, mais je n’avais jamais entendu. J’adore l’extrait dailymotion, impressionnant et la 1ère vidéo est sur les images du film « le message » avec Irene Papas et Anthony Quinn. Merci

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