.CRITIQUE/
Pour ce dimanche de Pâques, le révérend annonce la couleur avec un disque enregistré en 1957. Cet opus est un guide pour les égarés… Façon blues !
Le Reverend Gary Davis, outre le fait de répandre la bonne parole avec frénésie, rappelle une fois de plus la qualité de son jeu de guitare où Ragtime, picking et sens mélodique n’ont rien de semblable en ce bas monde…
Et même si le diable se trouve dans les détails, Reverend Gary Davis ne lui laisse pas de place, même dans les morceaux instrumentaux comme « Cocaïne Blues », « Buck Dance » ou « Hesitation Blues », qui sont d’une technique de guitare magistrale et éblouissante.
Une bonne occasion de réécouter ou de découvrir ce créatif et imposant bluesman. Ocollus
Cliquez pour écouter (ci-dessous)
full album……
Cet enregistrement du Révérend Gary Davis a été publié dans le monde entier sous une multitude de noms et ne doit pas être confondu avec le disque Prestige simplement intitulé Pure Religion. Ces enregistrements sont remarquables pour leur nature à la fois sacrée et profane. Tout aussi intéressant est le large éventail de styles d’interprétation que le Révérend incorpore tout au long de ce disque.
Parmi eux, on trouve le blues prêché rarement affiché de « Bad Company », « Runnin’ to the Judgement » et « Pure Religion ». On notera les introductions parlées ou les techniques de récitation du talkin’ blues, ainsi que les thèmes religieux plus évidents et plus manifestes. Davis prenait son engagement envers le Seigneur au sérieux et avait été ordonné pasteur au cours de l’été 1937.
Sa véhémence et son besoin impérieux de répandre la bonne parole est un motif flagrant qui fonctionne sur plusieurs strates simultanées. Dans les paraboles musicales de « Seven Sisters » – qui ne doit pas être considérée comme une référence au vaudou – et de « Right Now », Davis rappelle la fatalité de ne pas réprimander le péché avec des paroles comme celles qui suivent : « Ne remettez pas aujourd’hui à demain – car demain ne sera peut-être jamais là. Let the Saviour bless your’ soul, right now ».
Cette collection comprend également quelques instrumentaux tout aussi enivrants, notamment « Cocaine Blues », « Buck Dance » et « Hesitation Blues ». Le jeu de guitare étonnamment puissant de Davis et son approche conversationnelle n’ont sans doute jamais été aussi bien retranscrits sur disque. La filiation directe avec des artistes tels que Dave Van Ronk, Jorma Kaukonen, Stefan Grossman et Brownie McGee devient infiniment claire. La polyvalence de leur technique, couplée à l’utilisation simultanée d’accords et de picking, se retrouve ici.
« Moon Goes Down » est l’un des morceaux les plus profanes et trouve son origine dans les champs d’esclaves sous la forme d’un « holler ». L’interprétation émotionnellement lourde de Davis et les changements d’accords semblables à un chant funèbre classent ce morceau parmi ses enregistrements les plus émouvants. Lindsay Planer
Pure Religion
Mountain Jack
Right Now
Buck Dance
Candy Man
Devil’s Dream
Moon Goes Down
Coco Blues
Runnin’ To The Judgement
Hesitation
Bad Company
I Didn’t Want To Join The Band
Evening Sun Goes Down
Seven Sisters
My Heart Is Fixed

