
.CRITIQUE/
En 1960 sort ce disque chez le label VEE JAY record, premier label tenu par des afro-américains, label où Wayne Shorter fait ses débuts.
Après avoir débuté dans l’orchestre de Dizzy Gillespie et incorporé les « jazz messengers » d’Art Blakey, Lee Morgan démarre sa discographie à la fin des années 50 principalement chez Blue Note.
Le label Blue Note est le fer de lance d’un mouvement musical appelé Hard Bop, dont Lee Morgan est l’un des trompettistes majeurs.
Ce 8ème album signé chez Vee Jay Record est réalisé en compagnie d’un « Rythm section » amputé de son batteur attitré, remplacé ici par Art Blakey, son boss dans les « Jazz Messengers » et le tenor mingusien, Clifford Jordan.
Composé d’une moitié de ses compositions, cet album cache aussi des reprises comme le « I’m a Fool to want you » sublimé par Billie Holiday où la trompette bouchée de Lee Morgan « love » ce thème de manière magistrale (la réédition en vinyle par la serie « Craft » en 2025 est un pure merveille).
Il faudra attendre 1964, pour que Lee Morgan sorte son chef d’œuvre chez Blue Note : « The Sidewinner »
La carrière de Lee Morgan s’arrête net au mois de février 1972 au « Slug’s saloon », club new yorkais où il jouait. Le trompettiste prend une balle en plein cœur, tirée par sa femme Helène Moore à la suite d’une dispute conjugale devant un public médusé. Ocollus
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Lee Morgan (né à Philadelphie le 10 juillet 1938, mort à New York le 19 février 1972) est un musicien de jazz américain. Il est l’un des représentants majeurs du courant hard bop.
Biographie
Lee Morgan commence sa carrière dans l’orchestre de Dizzy Gillespie à l’âge de 18 ans. Il y reste durant deux ans.
En 1956 il commence à enregistrer en tant que leader, principalement pour le label Blue Note. Il enregistre près de 25 albums pour ce label. Ses influences principales sont Clifford Brown et Dizzy Gillespie.
Il apparaît également dans divers album de Hank Mobley, John Coltrane (Blue Train), les Jazz Messengers d’Art Blakey, Jimmy Smith, Wayne Shorter et Andrew Hill. Il est devenu célèbre grâce à son album The Sidewinder en 1963. Dans ses albums en tant que leader, il a joué avec les plus grands musiciens de hard bop : Wayne Shorter, Joe Henderson ou Jackie MacLean au saxophone ; Bobby Timmons ou McCoy Tyner au piano ; Art Blakey et Billy Higgins à la batterie…
Son style est très caractéristique du son Blue Note des années 1960 : un quintet composé en général d’une trompette, d’un saxophone ténor (plus rarement alto ou baryton), d’un piano, d’une contrebasse et d’une batterie ; un son funky, un style soul jazz. Sous bien des aspects, Lee Morgan représente le type même du musicien hard bop des années 1960.
Lee Morgan a été tué par sa femme. Un soir de concert, elle le trouva en compagnie d’une autre femme. Une dispute s’ensuivit, et elle le tua. En 2016, Kasper Collin a produit un documentaire, I Called Him Morgan, où Helen Morgan évoque ces événements ainsi que sa vie auprès de Lee Morgan. Wikipedia
Si la nouvelle série de rééditions OJC de Craft Recordings s’est largement inspirée de son trésor de titres Prestige et Riverside, le label a récemment élargi son champ d’action pour inclure deux albums de jazz exceptionnels issus du label historique Vee-Jay Records, basé à Chicago. Fondé en 1953 par le couple James Bracken et Vivian Carter, Vee-Jay était non seulement l’un des tout premiers labels détenus par des Noirs et par une femme, mais aussi une maison de disques remarquablement éclectique. Connu pour ses albums de blues – et même certains des premiers disques des Beatles –, Vee-Jay a également enregistré des artistes de jazz de premier plan tels que Wynton Kelly, Wayne Shorter et Lee Morgan.
Dans le cas de Morgan, le trompettiste était déjà une étoile montante avec plusieurs enregistrements chez Blue Note à son actif. Son deuxième grand chapitre créatif s’est ouvert fin 1959, lorsqu’il a effectué une tournée en Europe avec Art Blakey et les Jazz Messengers. À peine âgé de 21 ans à l’époque, Morgan a débuté l’année 1960 avec Here’s Lee Morgan, le premier des deux albums qu’il allait enregistrer pour Vee-Jay. Le producteur Sid McCoy a réuni un groupe exceptionnel pour l’occasion : Clifford Jordan au saxophone ténor, Wynton Kelly au piano, Paul Chambers à la basse et Art Blakey, alors chef d’orchestre de Morgan, à la batterie.
La moitié des morceaux de l’album ont été composés par Morgan lui-même. Le morceau d’ouverture, « Terrible ‘T », fait un clin d’œil à « So Tired » de Bobby Timmons, une parenté suggérée par le titre de la chanson. L’entrée en matière de Morgan est affirmée, mais Jordan vole rapidement la vedette avec un solo vigoureux qui mijote juste assez pour passer gracieusement le relais à Kelly. La mélodie de « Mogie » est ponctuée de pauses rythmiques.
Morgan opte pour la trompette en sourdine sur « I’m a Fool to Want You », comme il en avait l’habitude sur les ballades, et Kelly enchaîne avec un solo délicat et en filigrane. « Running Brook », composé par son collègue des Messengers Wayne Shorter, regorge du lyrisme caractéristique du compositeur et d’une structure avant-gardiste. L’exubérance de Jordan est indéniable ici ; son style au swing endiablé soulève la question de savoir pourquoi il reste méconnu parmi les ténors d’élite du hard bop.
L’intro au piano brillante et tintante de Kelly plante le décor de « Off Spring » de Milt Jackson, les claquements de Blakey sur le bord de la caisse claire faisant ensuite écho au thème. L’album se termine par « Bess » de Morgan, où lui et Jordan échangent des phrases – Morgan à nouveau en sourdine – tandis que Kelly nous rappelle pourquoi il comptait parmi les accompagnateurs les plus sensibles et les plus solidaires de l’époque.
Une mention spéciale s’impose pour la qualité sonore de cette réédition. Les bandes originales de Bell Sound ont toujours été d’un niveau supérieur, et ce pressage atteint un nouveau degré de clarté et de profondeur. Si les éditions CD précédentes (souvent accompagnées de titres bonus) offraient une bonne fidélité, celle-ci est de loin la meilleure que cette musique ait jamais connue. Espérons que Craft fouille encore plus profondément dans les archives de Vee-Jay .allaboutjazz
1 Terrible « T » 5:18
2 Mogie 7:45
3 I’m A Fool To Want You 5:37
4 Running Brook 6:05
5 Off Spring 6:12
6 Bess 6:27
