Dogs – Different


.CRITIQUE/

« Bonjour on s’appelle les Dogs et on vient de Rouen… »
Après la sortie de plusieurs 45T et maxi produits par Lionel Herrmani, qui tient le magasin de disques Mélodies Massacre à Rouen, c’est en 1979 que sort ce 1er album des Dogs chez Philips : Dogs – Different.
Cet album, à la tonalité sixties, donne tout de suite le La des affinités du chanteur pour le style Garage.

Interviewé par Philippe Manœuvre bien des années plus tard, à la question  » Tu es plus Beatles ou Rolling Stones ? Dominique Laboubé répond : je suis Kinks ! « 
Malgré le son cristallin et mélodique de la guitare et de l’harmonica tout terrain, l’enregistrement dégage le parfum non dissimulé d’une période punk qui est à son apogée.
Dans l’album suivant Walking Shadows, la distorde prendra le dessus pour un disque beaucoup plus rock.
Chanter anglais, tel est le credo du chanteur des Dogs qui démarrent l’album avec Different me, magnifique morceau, suivi de Gotta tell her avec une énergie qui leur est propre et qui ne les quittera jamais… La face 2, rebelote avec Nobody but me et l’irrésistible Fortune teller ; il faut se rendre à l’évidence, la voix de dandy de Dominique est magistrale !

Avec ce disque, c’est la consécration méritée pour Les Dogs : il leur ouvre les portes d’un plus large public grâce aux concerts et passages TV (Chorus – De Caunes/Jacky) de la fin des années 70.
Mais le meilleur reste à venir… Ocollus 

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La légende vient de Rouen. Dominique Laboubée et Michel Gross sont amis d’enfance durant les sixties et font ensemble leurs premières découvertes musicales. Les premiers instruments – respectivement guitare et batterie – , les premiers groupes, les répéts, l’amitié qui lient les ados; cimentée par l’écoute du Rock sans concession, des pionniers Gene VINCENT et Buddy HOLLY au VELVET UNDERGROUND ou aux FLAMIN GROOVIES. Tous deux sont de bonne famille, la musique n’est donc pas une rébellion mais une attitude. La maison des parents de Dominique devient la base du groupe, qui se stabilise avec l’arrivée de Hugues Urvoy De Portzamparc à la basse. Lionel Herrmani, disquaire de Melodies massacre à Rouen, s’improvise producteur pour les jeunots et la vraie aventure peut débuter.

Different est le premier album des DOGS, mais pas leur première oeuvre gravée sur le microsillon. La réédition ayant inclus ces dernieres, nous allons faire dans le chronologique : « Charlie was a good boy » sort en 45 tours en 77, année de la révolte, le riff déglingué, l’accent frenchie de Dom, le son « cave » ne changent rien à l’affaire… Toute aussi « proprette » sur elle « 19 » met les points sur les I en affichant un esprit proche du punk sans concession. C’est une réussite qui fédère les djeuns de l’agglomération Rouennaise. Du coup, il faut enfoncer le clou et le maxi « Go where you want to go », toujours sous la houlette de Lionel, le fait avec maestria, le son est déjà plus péchu, et « Teenage fever » fouraille gaiement, on commence à distinguer les talents de guitariste de Dominique. Ils commencent à se tailler une sacrée réputation de bête de scène et tournent intensivement. Les DOGS sont catalogués « garage » certes… Mais on est très proche du Punk sur ce maxi.

Different sort sur ses entrefaites dans l’année qui suit. Immédiatement, l’évolution des compostions va vous sauter à la gueule. « A different me », le meilleur titre de l’opus, reste bien méchante mais les mélodies gagnent en qualité ce qu’elle perdent légèrement en agressivité. »Stranger than me » donnent plusieurs indications sur les futurs compos. Ainsi, nous trouvons plus de son clair comme sur la jolie « Sally’s eyes », ou résonnent les arpéges de Dominique, cette manière si personnelle et esthétique de « sonner »… Le talent… Insolent et original en diable… C’est l’évidence ! Voyez donc le son cristallin de la gratte sur «  »Live with it »… Vous comprendrez certainement. « Terminal state » reprend les gimmicks punks avec a propos, pour peu qu’on s’endorme… « Nobody but me » est déjà superbe à l’écoute, et est très révélatrice du style du compositeur, un style qui s’apparente souvent à un mélange d’arpéges charmants et de riffs assassins, associés à un sens aigu de la mélodie… Bien peu me contrediront… « The greatest gift » et « Words » annoncent les futures années de gloire chez Epic, il n’y a pas de doute, nous tenons là un groupe à part!

Bien évidemment, il s’agit d’un premier album, qui déborde d’énergie mais qui n’est pas encore au sommet de la créativité dont les DOGS feront rapidement preuve. Déjà cependant on sent poindre la « classe », il n’y a d’ailleurs qu’à regarder la pochette, ce mec était né pour être une rock star ! Erwin-Force parrallele.

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  1. A Different Me
  2. Gotta Tell Her
  3. Words
  4. More From You
  5. I’m Real
  6. Stranger Than Me
  7. (I’m Gonna Learn To) Live With It
  8. Nobody But Me
  9. Terminal State
  10. Fortune Teller
  11. The Greatest Gift
  12. Lonesome Hearts
  13. Sally’s Eyes

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