Daniel Darc : Crève cœur


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  • CRITIQUE/

Ce disque est un émerveillement, après être passé par l’enfer et le purgatoire, était-ce au paradis que Daniel Darc avait décidé d’élire enfin domicile en enregistrant après un coming-out mystique, cet opus libérateur ?

Je l’ai rencontré peu de temps après la sortie de ce disque, je n’ai pas pu m’empêcher de l’embrasser pour le remercier de ce bijou enregistré avec le producteur Frédéric Lo.

Me regardant droit dans les yeux, avec une extrême gentillesse et une grande courtoisie, fatigué certes mais lumineux, il fut très attentionné au quidam que j’étais en me laissant l’image d’une personne en parfaite harmonie avec son disque.

Une version collector de ce disque est ressortie cet été 2015. Magnifique !

Ocollus

Cliquez pour écouter (ci-dessous)

« Rouge rose »…….

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Punk romantique, rocker poète, junky sublime, Daniel Darc fait peur, peur de par cette sincérité qui émane de lui, cette sensibilité au fil du rasoir que bien peu ont su sentir tant dans son travail au sein de Taxi Girl qu’en solo; une sensibilité qui l’a conduit aux pires excès, qui a donné à son visage les stigmates du rock: gueule ravagée, yeux cernés, fatigués, regard perdu dans un au-delà qu’il semble seul à voir encore…Avec ‘Crèvecoeur’, il nous livre son oeuvre la plus personnelle, un disque qui ressemble au bilan d’une vie, hantée par la nostalgie, la douleur, les déchirures, la perte. Des orchestrations simples, toutes en sobriété, des mélodies tristes et feutrées aux parfums de nuits, d’amours perdus, de doutes…Une atmosphère tantôt cabaret, tantôt rock, faite de guitare, piano, claviers intimistes, mêlée de sonorités résolument modernes (au niveau de l’électronique notamment) sur lesquelles Daniel pose une voix mi-parlée mi-chantée, blessée encore des coups de la vie et derrière laquelle affleure pourtant une sorte de sérenité désanchantée.’Crèvecoeur’ est également un disque très mélodique comme pouvaient l’être ceux de Taxi Girl (qu’évoquent volontiers le superbe ‘Je me souviens, je me rappelle’ ou ‘Et quel crime ?’). Si on peut regretter ‘Mes amis (tour à tour)’, plus classique, un brin trop pop face à la profondeur de l’ensemble, ce cd est un sans faute, une plongée dans la mélancolie qui se clôt pourtant dans une lueur d’espoir, l’adapation du Psaume 23. Ruez-vous sur l’édition limitée qui propose un DVD intitulé ‘Rêve coeur’ qui nous propose un bouleversant portrait d’un Daniel Darc sans cesse au bord du gouffre en quête d’un absolu qu’il semble ne pas trouver malgré l’alcool, l’autodestruction, un coeur maltraité pour en tirer des mots ultimes qui frappent. Une des séquences finales nous le montre déclarant de son timbre éteint, ‘Je m’en fous de mourir mais j’aimerais avoir crée mon chef-d’oeuvre avant’…C’est fait Daniel, arrête de lacérer ton âme, repose-toi un instant, tu l’as bien mérité. Gutsofdarkness

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1 La pluie qui tombe

2 La main au coeur

3 Rouge rose

4 Elégie 2

5 Inutile et hors d’usage

6 Je me souviens, je me rappelle

7 Un peu, c’est tout

8 Mes amis (tour à tour)

9 Si tu vas là-bas

10 Et quel crime ?

11 Jamais, jamais

12 Psaume 23

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