John Coltrane – Africa brass


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  • CRITIQUE/

Dans la foulée d’Olé et de sa rencontre avec Eric Dolphy, John Coltrane signe ici son premier disque sur le label Impulse où il va continuer d’explorer cette musique modale dont il exploitera les recoins les plus tortueux.

A défaut de ne jamais avoir pris de position politique, ce disque est sûrement le plus engagé du saxophoniste rendant hommage à l’Afrique. C’est aussi le disque avec la plus grosse formation jamais enregistrée par le saxophoniste : son quartet habituel, les soufflants de Max Roach (Booker Little et Julian Priester), le trompettiste Freddie Hubbard et surtout celui à qui sont confiés les arrangements : Eric Dolphy.

Quand Eric Dolphy décédera quelques années plus tard d’une crise de diabète aigu, John Coltrane confiera se rappeler voir Eric manger des pots de miel à la petite cuillère pendant cette session.

Le morceau « Africa » est le petit frère du morceau « Olé » du disque précédent, les arrangements de cuivres font penser aux animaux de la savane, une sauvagerie toute relative car maitrisée et posée. « Greensleeves » est la reprise d’un morceau traditionnel anglais du 15e siècle, et « Blues minor » est d’une efficacité déroutante.

C’est un des albums de Coltrane le plus universel, je ne me lasse pas de le réécouter, peut-être parce que j’aime particulièrement les musiciens qui y jouent.

John Coltrane entame avec ce disque son long parcours chez Impulse où il finira sa carrière. Le début de la fin !  Ocollus

Cliquez pour écouter (ci-dessous)

Africa……

Greensleeves……

Blues minor……

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Africa/Brass est un album de John Coltrane sorti en 1961 sur le label Impulse!.

Cet album a été enregistré le 23 mai 1961 pour Greensleeves et 7 juin 1961 pour Africa et Blues Minor au studio de Rudy Van Gelder (Englewood Cliffs, New Jersey, USA) et produit par Creed Taylor pour le label Impulse!.

Africa/Brass aura un impact au-delà de l’univers du jazz, puisque le compositeur de musique minimaliste Steve Reich a fréquemment déclaré que cet album de jazz modal (avec My Favorite Things) aura participé à son éloignement de la musique sérielle qu’il étudiait à cette période pour retourner vers le rythme et l’harmonie1.Wikipedia

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Il me sera difficile de vous parler de « Africa/Brass » pour ce qu’il fut vraiment car la réédition cd est double et propose l’intégralité des enregistrements des sessions de mai et juin 1961 dans un ordre complètement différent ! Il est vrai, cette liberté assumée par le label Impulse! qui accueille alors à bras ouverts le phénoménal musicien permet au moins d’avoir un éclairage plus précis sur ce qui se trame. À l’origine, « Africa/Brass » ne comportait que trois titres ; « Africa », « Greensleeves » et « Blues Minor », dans un enchaînement qui n’est pas sans rappeler les derniers faits d’armes de Coltrane sur Atlantic. Le long développement modal et forcément brumeux de « Africa » se présente comme une nouvelle déclinaison de « Olé » alors que « Greensleeves » permet au saxophoniste de taquiner du standard à l’aide de son soprano, avec force et passion, comme il le fit déjà pour « My Favorite Things ». En soi, « Africa/Brass » optait donc pour le changement dans la continuité. Ce que nous révèlent les prises alternatives issues de ces mêmes sessions, c’est l’engouement véritable que John Coltrane vouait aux larges formations, et ce même s’il aura finalement peu l’occasion d’y revenir dans le reste de sa carrière. C’est Éric Dolphy, acteur discret mais déterminant, déjà présent sur « Olé », qui se charge d’une grande partie de l’orchestration et bien que celle-ci demeure toujours tapie dans l’ombre, sans extravagance, elle apporte à la musique une dimension plus onirique qui n’est pas sans rappeler Sun Ra. Tel qu’elle se présente aujourd’hui, l’édition de « The Complete Africa/Brass Sessions » propose un premier disque recentré sur les standards ; deux prises de « Greensleeves » ainsi que « Song of the Underground Railroad » et « The Damned Don’t Cry ». Il se conclut par une première prise de « Africa » qui annonce le second disque où l’on retrouve « Blues Minor » en entrée, précédant une autre prise alternative de la plage titre, ainsi que sa version officielle. On l’apprécie dès lors plus comme un document qu’un réel album. gutsofdarkness.com.


Bill Barber (tuba), Jimmy Buffington (cor), Garvin Bushell (piccolo), Paul Chambers (contrebasse), John Coltrane (saxophone soprano et ténor), Eric Dolphy (saxophone alto, flûte, clarinette basse), Charles Greenlee (euphonium), Freddie Hubbard (trompette), Elvin Jones (batterie), Booker Little (trompette), Bob Northern (cor), Pat Patrick (saxophone baryton), Julian Priester (euphonium), Bob Swisshelm (Robert Swisshelm) (cor anglais), Mccoy Tyner (piano), Julius Watkins (cor), Britt Woodman (trombone), Reggie Workman (contrebasse), Carl Bowman (euphonium), Donald Corrado (cor)

1. Africa John Coltrane 16:26
2. Greensleves Traditionnel, arrangé par John Coltrane 9:57
3. Blues Minor

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