Serge Gainsbourg – Histoire de Melody Nelson


  • CRITIQUE/

Ce 1er disque concept de Gainsbourg, écrit avec Jean Claude Vannier, est devenu un classique du chanteur. C’est un disque court mais dense, où l’histoire contée évoque surtout la rencontre avec celle qui deviendra sa muse : Jane Birkin !

C’est d’une manière millimétrée que Gainsbourg opère ici, il adopte le parlé plus que le chanté, et le déroulement de l’histoire s’impose petit à petit de manière effeuillée, le tout empreint d’une narrativité cinématographique. La musique aux couleurs et aux sons psychédéliques, d’un minimalisme draconien, vient se mélanger aux envolées lyriques des cordes.

Malgré les années passées ce disque n’a pas vieilli d’un iota, et reste malgré tout un disque discret, précieux, et intellectuel, qui restera sans doute encore hermétique au public de gainsbarre… Ocollus

Cliquez pour écouter (ci-dessous)

Full album……

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Histoire de Melody Nelson est un album de Serge Gainsbourg paru en 1971. C’est son premier album-concept. Il a été écrit en collaboration avec le compositeur et arrangeur Jean-Claude Vannier.

Mise en perspective de l’œuvre

L’Histoire de Melody Nelson est un pan à part de l’œuvre de Gainsbourg, pouvant se rapprocher musicalement de L’Homme à tête de chou, son second album concept, paru cinq années plus tard. Rendant hommage à la littérature et aux ouvrages de Vladimir Nabokov, Gainsbourg construit cet album autour d’un récit, et d’une femme, sa muse, Jane Birkin, qui prête succinctement son image et sa voix au personnage éponyme, se contentant de décliner son « nom » dans Melody, Ballade de Melody Nelson et Cargo culte, et n’émettant que quelques rires et petits cris équivoques dans En Melody.

Résumé

C’est l’histoire de Melody Nelson, une jeune fille aux cheveux rouges, une adorable garçonne, âgée d’une quinzaine d’années. Dans Melody, à vélo, elle est percutée par la Rolls Royce Silver Ghost 1910 à 26 chevaux de Serge Gainsbourg. Puis, dans l’album, la séduction et une romance s’ensuivent (L’hôtel particulier), puis, dans un parti-pris subjectif et émotionnel, l’auteur dévoile les sentiments et les doutes du narrateur (notamment dans Ah Melody et Valse de Melody) jusqu’à la perte de la jeune fille, dont l’avion, un 707 à destination de Sunderland, s’écrase (causant l’étonnante quête spirituelle du final, faisant référence au culte du cargo). Car après l’accident, le narrateur cherche à retrouver Melody dans ce Cargo Culte plein de ferveur, (elle qui n’avait pas de « 7 » à ses chiffres porte-bonheurs, d’où les sept minutes de Melody et Cargo Culte).

Forme

Gainsbourg abandonne globalement le chant pour une narration où son ton et l’orchestration millimétrée transcendent les textes pour y plonger l’auditeur. Les harmonies ne sont pas sans rappeler Bonnie & Clyde que Gainsbourg a composé en une nuit pour une autre de ses muses, Brigitte Bardot. La basse et la batterie, notamment sur En Melody, sont plutôt dans un funk[réf. souhaitée] légèrement ralenti, et avec ce son si typique de la fin des sixties, tant apprécié (voir ci-dessous).

Les thèmes s’enchevêtrent et se répondent, les saillies mélodiques (notamment les chœurs et les violons) sont saupoudrées au fil de l’album (discrets motifs de Melody que l’on retrouve dans L’hôtel particulier…) puis deviennent lyriques pour finir en gloire. L’opus peut d’ailleurs s’écouter en boucle parfaite, hypnotique par l’usage de l’ostinato. Ces thèmes créent une unité de corps, et à la fois un enchaînement de surprises.

Une vidéo mettant en image l’album complet, intitulée Melody a été réalisée en 1971 par Jean-Christophe Averty. Entre long clip et film musical, on y voit Serge Gainsbourg et Jane Birkin jouant les scènes de l’album, évoluant soit sur des décors de studio, soit sur des peintures (notamment du surréaliste belge Paul Delvaux) ou d’autres graphismes de style psychédélique.

Accueil et postérité

Boudé par le public à sa sortie (seulement 71 400 exemplaires vendus et certifié disque d’or en 19834), Melody Nelson est reconnu aujourd’hui comme un album important et influent pour d’autres musiciens. Son influence dépasse aussi largement le cadre national, avec outre le groupe français Air, David Holmes, Placebo, Lenny Kravitz, Jarvis Cocker du groupe Pulp, Portishead et Beck, qui dans son album de 2002 « Sea Change » signe un titre, « Paper Tiger » comportant des parties instrumentales du morceau Melody. De La Soul sort également Held Down qui reprend l’instrumental de Ah ! Melody.

Jean-Claude Vannier joua l’album au Barbican de Londres le 21 octobre 2006 avec comme invités vocaux Jarvis Cocker, Badly Drawn Boy, Brigitte Fontaine, Mick Harvey et le chanteur principal des Super Furry Animals, Gruff Rhys. Vannier joua l’album dans son intégralité, ainsi que son album solo, L’Enfant assassin des mouches. Une nouvelle représentation a été donnée au Hollywood Bowl de Los Angeles le 28 août 2011. Pour accompagner Jean-Claude Vannier, une ribambelle de talents internationaux a répondu présent : Beck, Sean Lennon, Charlotte Kemp Muhl, Ed Droste, Victoria Legrand, Mike Patton, China Forbes (Pink Martini), Zola Jesus, Joseph Gordon-Levitt et Lulu Gainsbourg – accompagnés du Los Angeles Symphonic Orchestra. Wikipédia.

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1.Melody 7:34
2.Ballade de Melody Nelson 2:00
3.Valse de Melody 1:32
4.Ah ! Melody 1:46
5.L’hôtel particulier 4:08
6.En Melody 3:27
7.Cargo culte

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