Booker Little – And friends


  • CRITIQUE/

C’est le dernier disque du trompettiste avant de mourir d’une crise d’urémie.

Cet enregistrement n’a pas la classe et la richesse d’Out front, mais reste d’une qualité absolue quant à ses compositions, ici en sextet avec une partie des musiciens rencontrés chez Max Roach.

Malheureusement Eric Dolphy n’enregistrera pas avec son alter-ego cette fois-ci, car il sillonne la Suède et le Danemark en tournée.

Ce hard-bop aux harmonies acidulées accompagnera le jazz vers le changement radical qui verra dès 1962 le jazz entrer dans une nouvelle ère. Magique !  Ocollus

Cliquez pour écouter (ci-dessous)

Victory and sorrow……

Looking ahead……

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Booker Little naît le 2 avril 1938 à Memphis dans le Tennessee. Booker vit toute sa jeunesse dans un contexte musical, son père est tromboniste, sa mère est pianiste dans une église et sa soeur est diva dans la compagnie de l’opéra de Londres.

LES ANNEES MEMPHIS A partir de cinq ans Booker s’intéresse au trombone sans grand succès, comme son père joue d’oreille, il ne peut pas lui apprendre grand chose sur la théorie musicale. Quand Booker a douze ans, il essaie la clarinette mais arrivé à l’école supérieure, son directeur l’invite à essayer la trompette. Il travaille dur pendant six mois avant d’arriver à sortir quelque chose de concluant. C’est à l’école supérieure de Manassa à Memphis que Booker prend des cours avec Matthew Garrett le père de Dee Dee Bridgwater et va jouer et faire le boeuf à l’hôtel Mitchell où se produisent Phinéas Newborn et toute sa famille ; mais ce sera difficile d’imposer du jazz dans cet hôtel qui passe habituellement du rhytm’n’blues. Il enregistre avec Dave Bartholomew dans la section de cuivres. C’est aussi à cette époque que Booker rencontre le saxophoniste Charles Lloyd, qui deviendra son meilleur ami.

CHICAGO En 1954 Booker va à Chicago et en quatre ans obtient un diplôme de trompette, il étudie aussi la composition, la théorie et l’orchestration. Pendant ces quatre ans il beuf entre autres avec Johnny Griffin et le MJT, de même que pendant neuf mois il partage une chambre à la YMCA avec Sonny Rollins qui lui fait découvrir sa discothèque personelle et lui apprend beaucoup. Entre autres à dépasser l’influence stylistique des autres musiciens afin de devenir lui-même avec ou sans ses défauts.

LA RENCONTRE AVEC MAX ROACH Sonny Rollins présente Booker à Max Roach en 1955, mais c’est après la mort de Clifford Brown et le passage éclair de Kenny Dohram dans son quintet que Max Roach invite en 1958 Booker Little à enregistrer avec lui. Le premier album « On the Chicago scene » est enregistré en juin 58, suivi d’une apparition au festival de Newport. En septembre la sortie du 1er disque studio avec Max Roach « Deeds no words » et du premier album de Booker en quintet chez Blue Note en octobre 1958 « Booker Little plus four » affirme le talent du tropettiste, avec des reprises et trois compositions . D’autres disques suivent avec le quintet de Max Roach pendant l’année 1959 et quelques enregistrements avec Slide Hampton et avec le chanteur Bill Henderson. L’année 1960 commence en février avec un disque admirable en quintet avec le saxophoniste Frank Strozier et le « rhythm section » et en avril avec son deuxième album « Booker Little » chez Time avec Scott Lafaro, Tommy Flanagan et Roy Haynes en quartet, signant cinq compositions sur six.

LA RENCONTRE AVEC ERIC DOLPHY Toujours dans l’année soixante Booker enregistre avec le saxophoniste Booker Ervin sous la direction de Teddy Charles »Sounds of inner city » et rencontre Eric Dolphy, L’année se termine par un pur chef d’oeuvre « Far cry » signé Eric Dolphy en quintet avec Jaki Byard, Ron Carter et Roy Haynes, considéré par les critiques comme le quintet de rêve sur le moment. Puis vient les enregistrements pour le label Candid dont le disque manifeste de Max Roach avec Abbey Lincoln « We insist ! freedom now suite ».

LA PERIODE CANDID 1961 commence par « le » disque d’Abbey Lincoln, toujours chez Candid « Straight  ahead » et se poursuit en mars par l’oeuvre fondamentale de Booker Little « Out front » en sextet qui marque la fin de la grande époque Candid. Après la session légendaire d’ »Africa brass » avec John Coltrane, Booker Little fait chauffer le Five spot de New York pendant l’été 61 avec Eric Dolphy et Mal Waldron, enregistre son dernier disque avec Max Roach et Dolphy chez Impulse en août « Percussion bitter sweet » avec Carlos Patato Valdès. Son dernier et quatrième disque sous son nom est « Victory and sorrow » en septembre ; il n’est jamais sorti en cd mais il est recompilé sous le nom de « Booker Little and friends». Booker Little meurt à 23 ans le 5 octobre 1961 d’une crise d’urémie.

http://bookerlittlelesite.pagesperso-orange.fr/

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« Victory and Sorrow » – 5:56
« Forward Flight » – 6:18
« Looking Ahead » – 7:25
« If I Should Lose You » (Ralph Rainger, Leo Robin) – 5:11
« Calling Softly » – 5:39
« Booker’s Blues » – 5:16
« Matilde » – 5:55

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