Bourvil – Bien si bien !


  • CRITIQUE/

Cette compilation vient honorer Bourvil, un formidable chanteur populaire français, plus connu en tant qu’acteur, qui reste un chanteur resplendissant et bouleversant !

Son côté comique troupier (dont il s’est particulièrement inspiré) ne doit pas effacer sa très large palette. La finesse et la poésie qu’il ne cessera d’exprimer toute sa vie, ont fait son succès.

Il est nécessaire de réécouter cet immense artiste dont le charisme et l’humilité balayent les 3 quarts de la scène française actuelle ! Ocollus

 

Cliquez pour écouter (ci-dessous)

C’était bien (petit bal perdu ) ….

La tendresse….

Salade de fruit….

La vie de bohème….

http://www.allformusic.fr/bourvil/bien-si-bien-compil


Bourvil, acteur, mais chanteur avant tout !
26/07/2017 Par Hélène Combis

« Le Corniaud » et « La Grande Vadrouille » ont fait sa gloire. Mais Bourvil, c’est aussi 300 chansons. Des comiques et des tendres, comme le célèbre « petit bal perdu ». C’est même grâce à la musique qu’il est devenu acteur. On vous raconte tout, depuis ses premiers airs de Fernandel joués à l’harmonica.
Bourvil et le chanteur d’opérette Georges Guétary interprètent en 1959 une chanson dans les coulisses du théâtre Pacifico, à Paris

Bourvil et le chanteur d’opérette Georges Guétary interprètent en 1959 une chanson dans les coulisses du théâtre Pacifico, à Paris • Crédits : AFP

Il est bien sûr connu pour avoir incarné le célèbre Corniaud (1964) de Gérard Oury, et le peintre en bâtiment un peu naïf de La Grande Vadrouille (1966), du même réalisateur. Mais André Raimbourg, dit Bourvil, dont on fête le centenaire de la naissance ce 27 juillet, c’est aussi 300 chansons, dont certaines sont très connues : “La tendresse”, « C’était bien » (Le petit bal perdu), “Salade de fruits”, que l’on entend souvent lors de cérémonies de mariage et de fêtes scolaires, ou encore, « A bicyclette », diffusée lors du Tour de France… Car comme beaucoup d’interprètes de sa génération, c’est d’abord dans la chanson qu’il a percé, et c’est grâce à cette notoriété-là qu’il a pu devenir acteur.

En compagnie de Pascal Delmotte, son biographe, on refait la chronologie de Bourvil musicien et chanteur, jusque dans ses films. Et, que vous soyez au bureau, sur la plage, en randonnée… on prend les paris : si après lecture de cet article vous n’avez pas une chanson de lui qui vous trotte dans la tête, on mange notre casquette.

Bourvil, amuseur numéro 1 en musique

Né dans une ferme en 1917, Bourvil n’a pourtant pas baigné dans un environnement artistique dans ses premières années. Mais l’enfant aime chanter, et son instituteur, fait rare pour l’époque, possède un poste de TSF : « Il reste des heures collé aux haut-parleurs du poste de radio et ensuite, essaye de reproduire les chansons qu’il a entendues sur son harmonica, avant de commencer à les chanter », explique Pascal Delmotte, auteur de deux ouvrages sur Bourvil (Bourvil, ça va, ils sont contents en 2010 et Bourvil, le ciné d’André en 2017, chez Flammarion) dont il gère le patrimoine artistique.

Lorsque les parents de Bourvil vont à la ville, à Dieppe, il achète ce qu’on appelle à l’époque des “petits formats”, qui sont des partitions des chansons, avec les paroles, et il commence à interpréter des chansons lors de fêtes scolaires. L’amour du spectacle commence à naître. Pascal Delmotte

Le journaliste Michel Trihoreau dans un article du journal Chorus (janvier-février-mars 1998), rapportait cette citation de Bourvil : “J’avais dix ans, douze ans, parfois je voulais chanter des chansons un peu trop grivoises, [mon instituteur] me disait : “mais non, mais non faut pas chanter ça !”

Bourvil à 15 ans

Ses parents lui achètent ensuite un accordéon, et il fait de la musique à Fontaine-le-Dun, dans la fanfare municipale. Il apprend ensuite le cornet à piston. Désireux de faire rire, il se cantonne au registre comique, interprétant des chansons de Fernandel dans les bals de sa région, avec quelques copains. Un soir de bal, il rencontre Jeanne Lefrique, fille d’un contremaître à la sucrerie du village, dont il s’éprend et qui deviendra plus tard son épouse. Très bon élève (il obtient son certificat d’études avec 49,5 sur 50), Bourvil commence des études d’instituteur, mais ne supporte pas l’internat, dont il s’évade littéralement. Bourvil devient boulanger, puis part à Rouen : « Il doit faire son service militaire, et on engage justement au 24e régiment d’infanterie, à Paris, dans la musique militaire. Il rejoint Paris où il se retrouve avec des jeunes gens excellents musiciens : des premiers prix de Conservatoire, des prix de Rome… », raconte Pascal Delmotte. A la caserne, Bourvil devient l’amuseur numéro 1 et se fait de nombreux amis, qui le poussent à se produire dans des radio-crochets : « Il les gagne régulièrement, sauf si un chanteur de charme se présente, mais lui chante ‘La Caissière du grand café’, ou ‘Ignace’, de Fernandel. C’est à ce moment-là également qu’il crée son personnage de benêt en mettant le pantalon trop court, la veste trop courte…. Il rabattait ses cheveux sur son front, et commence à créer le personnage de Bourvil [du nom de son village natal, NDLR].”

Pour le plaisir d’amuser les autres, il participe aux crochets radiophoniques que Georges Briquet anime, sur le Poste Parisien. Dans cette épreuve si cruelle qui ridiculise les mauvais chanteurs, il force le personnage et joue les niais avec un tel talent qu’il est à chaque fois plébiscité par le public. Revanche de l’humilité sur la méchanceté…” Michel Trihoreau

Pendant la guerre, Bourvil, comique troupier, rencontre l’accordéoniste Etienne Lorin

Puis vient la guerre. À ses débuts, Bourvil n’est pas mobilisé, car souffrant. Le temps de guérir… c’est la débâcle. Il se retrouve à Arzacq-Arraziguet, dans les Pyrénées, où il fait une rencontre essentielle : celle d’Etienne Lorin, imprimeur de son état, mais également accordéoniste. Il a créé un petit cabaret à Arzacq pour les militaires. Il a entendu parler du soldat André Raimbourg, et l’invite à se produire pour distraire les troupes. Cette amitié durera toute leur vie.

Lorsqu’ils sont démobilisés, en 1940, Etienne Lorin propose à Bourvil d’aller tenter sa chance à Paris, dans la musique. Celui-ci accepte, demandant à Jeanne Lefrique, restée en Normandie, de l’attendre et de lui faire confiance. Les quatre premières années, les deux hommes courent le cachet, animant quelques soirées à l’accordéon, notamment pour une chanteuse de l’époque, Marcelle Bordas. En parallèle, ils commencent à écrire leur propres chansons :

C’est de cette période-là que naîtra entre autres les fameux ‘Crayons’, qui est le titre qui a vraiment lancé Bourvil à la fin de la guerre. D’autres chansons, comme ‘Timichiné-la-pou-pou’ ou’ Houpetta La Bella’ sont des chansons de cette époque-là. Les paroles sont de Bourvil, et la musique d’Etienne. Pascal Delmotte

À côté, les deux amis exercent un tas de petits métiers, de la plomberie à la boulangerie. Bourvil devient même garçon de courses pour une société fiduciaire : « L’avantage est qu’il a un vélo de fonction. Il peut le garder le soir, ce qui lui permet d’aller passer des auditions, et de se produire de cabaret en cabaret.”

Pendant la guerre toujours, il est remarqué par André Trives, l’imprésario de Tino Rossi qui va le prendre sous son aile et le faire passer dans des cabarets un peu plus importants, comme Chez ma cousine, à Montmartre. C’est en 1945, en pleine Libération, que Bourvil est admis à la SACEM.

Bourvil passe alors dans quelques émissions de radio, comme “Sans rime ni raison » avec Francis Blanche etc. :

C’est vraiment fin 1945 – début 1946 que Bourvil va être repéré par Jean-Jacques Vital, qui présente une émission qui s’appelle le ‘Pêle-Mêle’, qui passe sur Radio Luxembourg et Radio Monte Carlo, et c’est là vraiment qu’il va devenir la grosse vedette que l’on connaît. Notamment avec la chanson ‘Les Crayons’, mais aussi des monologues.

En 1946, le futur directeur de l’Olympia, Bruno Coquatrix, l’engage pour une tournée de trois mois, avec l’orchestre de Ray Ventura. Puis il partage le haut de l’affiche d’un music-hall parisien. Bourvil assoit sa célébrité.

Partition des « Crayons » de Bourvil
Un passage au grand écran… mais toujours en chansons !

Bourvil fait également ses débuts au cinéma. Il a fait deux figurations durant la guerre, mais on ne le voit que très peu. En 1945, il joue dans La ferme du pendu, de Jean Dréville où, dans une scène de banquet de noces, il va chanter Les Crayons.

Il a commencé à faire de l’opérette, mais le succès est tel en radio qu’André Berthomieux, réalisateur de comédies légères, se dit qu’en mettant Bourvil à l’écran, on ne peut que venir le voir, car on veut mettre un visage sur celui que l’on entend dans le poste de TSF. Il monte un premier film avec Bourvil, “Pas si bête” [1946, NDLR], il y en aura encore trois autres après. A l’époque, il était assez courant dans les comédies de chanter, donc Bourvil va interpréter ses chansons dans tous ses premiers films, jusqu’à la fin des années 1940.

Nombre de chansons de Bourvil viennent d’ailleurs des films d’André Berthomieux, comme, « C’est l’piston » (Blanc comme neige, 1948), ou « La tactique du gendarme » (Le roi Pandore, 1949). A la fin des années 40, il continue de mener une carrière musicale, parallèlement au cinéma.

Par exemple, Bourvil fait toujours l’amuseur dans La Route fleurie, une opérette jouée à Lyon et à Paris à partir de décembre 1952 : « Ils ont voulu adapter le modèle américain avec Bing Crosby et Bob Hope, qui faisaient le clown blanc et l’auguste. Ils ont adapté avec Georges Guétary le chanteur de charme, et le fantaisiste qu’était Bourvil. Ils ont joué cette opérette 1300 fois. A l’époque, ils jouaient en matinée, en soirée, en semaine. C’était du jamais vu“, raconte Pascal Delmotte.

Du comique, toujours, mais plus de tendresse

C’est peu ou prou à partir de cette époque que Bourvil commence à déployer un registre plus tendre, dans ses chansons, comme au cinéma : “Il a toujours fait des rôles relativement fantaisistes, jusqu’en 1951, où il joue un premier rôle dramatique dans « Seul dans Paris ». Mais le film ne marche pas du tout parce qu’on n’attend pas Bourvil dans ce rôle-là ; c’est vraiment à partir de 1956, où il aura le grand prix d’interprétation à Venise pour « La Traversée de Paris », qu’on va le prendre au sérieux. »

Et dans le domaine musical, il fait désormais alterner des chansons dramatiques, avec ses chansons comiques : « Enfin, dramatiques ou tendres ! ‘La Tendresse’ date du début des années 1960. Il y a aussi une chanson, un petit bijou, qui s’appelle ‘Je voudrais bien être’, qui commence avec plein de fantaisie et finit sur une note dramatique. Il y a ‘Mon frère d’Angleterre’… Bourvil a aussi été un des premiers interprètes de Michel Berger, il chante une chanson qui s’appelle ‘Les girafes’, qui date de 1967, et je crois que Berger à l’époque, devait être âgé de 17 ou 18 ans… avec aussi une chanson qui est vraiment dans un registre beaucoup plus en tendresse », précise Pascal Delmotte. Ces chansons tendres sont souvent signées Robert Nyel pour les paroles, et Gaby Verlor pour la composition.

À ce sujet, nous vous proposons de réécouter une archive de septembre 1997, dans laquelle Jean-Pierre Mocky, Gérard Oury, Elisabeth Coquart et Annie Cordy rendaient un hommage à Bourvil et à « la tendresse du rire ». Ils s’attardaient sur la manière dont l’artiste avait justement fait évoluer sa carrière lentement vers des rôles dramatiques, et sur la vulnérabilité de son personnage, et c’était dans l’émission Les Mardis du cinéma (27 min).

À quoi Bourvil doit-il sa popularité ? Certainement à son humanité et son autodérision, qui n’ont jamais abdiqué devant le succès : « C’est quelqu’un qui est toujours resté humble, note Pascal Delmotte, chacun de nous pouvait un peu se reconnaître en lui, quelque part… C’est assez inexplicable. On n’a jamais rencontré quelqu’un qui n’aimait pas Bourvil. Toutes les personnes qui ont travaillé avec lui le disent, que c’était une ambiance du tonnerre. C’était quelqu’un de jovial. On ne savait pas se disputer avec Bourvil. »

À DECOUVRIR : à l’occasion du centenaire de sa naissance, l’association « Les amis de Bourvil » ont organisé une exposition, « Tout simplement », visible jusqu’au 27 août à Fontaine-le-Dun, où Bourvil avait commencé la fanfare, enfant. Un millier de documents, photos, affiches et objets personnels… y sont présentés.

Pour terminer : nous vous avions demandé sur Twitter quelle était votre chanson préférée de Bourvil, vidéos à l’appui. Voici une grande partie de vos réponses ! France Culture

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1-1 La Tactique Du Gendarme
1-2 Ma P’tite Chanson
1-3 À Bicyclette
1-4 Les Papous
1-5 C’est La Vie De Bohème
Featuring – Georges Guétary
1-6 Salade De Fruits
1-7 Les Crayons
1-8 C’était Bien (Au Petit Bal Perdu)
1-9 Pauvre Lola
Featuring – Jacqueline MaillanWritten-By – André Bourvil*, Serge Gainsbourg
1-10 Les Haricots
1-11 Pour Sûr
1-12 La Rumba Du Pinceau
1-13 La Tendresse
1-14 Les Abeilles
1-15 Bonjour Monsieur Le Maître D’école
1-16 À Joinville Le Pont
1-17 La Ballade Irlandaise (Un Oranger)
1-18 Caroline, Caroline
1-19 Ça (Je T’aime Moi Non Plus)
1-20 La Môme Rustine
1-21 Mon Frère D’Angleterre
1-22 Causerie Anti-alcoolique

2-1 Baladin
2-2 Quand Je La Croisais (C’est Une Gamine Charmante)
2-3 Vieux Frère
2-4 Un Clair De Lune À Maubeuge
2-5 Mon Vieux Phono
2-6 La Marche Des Matelassiers
2-7 La Valise
2-8 Chanson Anglaise
2-9 Pouët-Pouët
2-10 La Ronde Du Temps
2-11 C’est L’piston
2-12 La Terre
2-13 Dans La Bruyère De Quimperlé
2-14 La Complainte Du Boucher
2-15 Mon Village Au Clair De Lune
2-16 Ton Cor
2-17 La Calomnie
2-18 Le Hoquet
2-19 Les Girafes
2-20 Le Poisson Rouge (Chanson Presque Vécue)
2-21 Odile
2-22 Je M’en Veux

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