Culture – Two sevens clash


culture-leamington-2014

  • CRITIQUE/

Voilà  » le grand  » Joseph Hill et son groupe Culture, hantant toujours l’histoire du reggae malgré sa disparition il y a tout juste 10 ans .

Cette année 77 proclame la mort annoncée du rock par le mouvement punk et l’apogée messianique rasta, chantée solennellement dans ce disque.

C’est sûrement par la similitude des propos apocalyptiques, le côté  » bad boy  » du chanteur à la voix mystique, des chœurs pertinents d’Albert Walker et Kenneth Dayes et des arrangements d’une efficacité redoutable, que ce disque va ouvrir les chakras un peu poisseux des punks londoniens et de susciter chez eux un intérêt pour le reggae en cette année post-caniculaire.

Pour ce 1er album, la production est entre les mains du légendaire Joe Gibbs (ancien acolyte de Lee Perry avant que celui ne crée son propre label). Notons la présence de la batterie imperfectible de Sly Dunbar. Cette rectitude rythmique restera une des marques de fabrique du groupe.

Mes préférences vont à la 5 – I’m not ashamed, la 7 – Blackstar liner must come, la 9 – See them a come et la dernière – Natty dread taking over.

Voici donc un des disques fondateurs du mouvement reggae. Taking over joseph… Taking over joseph…  Ocollus

Cliquez pour écouter (ci-dessous)

Full album……

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f490634999a24662371e19e5067b6786Two Sevens Clash, le chef-d’œuvre de Culture. Un album qui aura converti les morveux punk au reggae et qui n’a rien perdu de sa fièvre apocalyptique.

Avec trente ans de recul, alors qu’une nouvelle édition en célèbre l’anniversaire, l’album de Culture Two Sevens Clash s’impose aujourd’hui, et plus que jamais, comme un pilier du reggae roots. Son titre s’inspire d’une prophétie puisée par le leader de ce trio jamaïquain, Joseph Hill, dans le livre de l’Apocalypse, selon laquelle la “collision des 7” annoncera de terribles bouleversements sur terre, mais aussi la chute des tyrans et la délivrance des opprimés.

Parue en single à la fin de 1976, la chanson  du même nom commença une irrésistible ascension dans les premiers mois de 1977 pour atteindre un point culminant, et critique, au début du mois de juillet. De sorte que le 7 juillet 1977, soit le 7e jour du 7e mois de la 77e année, les rues de Kingston étaient pratiquement désertes, ses habitants s’étant réfugiés chez eux dans l’attente du Jugement dernier. Si finalement d’apocalypse il n’y eut point, en revanche une collision se produisit bel et bien cette année-là : celle entre le punk et le reggae. En août 1977, peu avant de monter sur la scène du Festival de Mont-de-Marsan, Mick Jones et Joe Strummer de Clash révélaient à mots gloutons l’existence de cet album aux journalistes français présents backstage.

Quelques semaines plus tard John Lydon (alors Johnny Rotten), accompagné du patron de Virgin Richard Branson, arrivait à Kingston à la recherche du trio, bientôt signé sur le balbutiant label reggae de la compagnie, Front Line. Au cours des mois qui suivirent devaient paraître, sous l’étiquette au poing fermé, les classiques Cumbolo et Harder Than the Rest dont plusieurs titres sont tirés de deux albums précédents, Africa Stand Alone et Baldhead Bridge, restés exclusifs au marché jamaïcain et produits par Joe Gibbs comme Two Sevens Clash.

Rencontré à l’époque dans sa cahute de First Spring où il vivait sans eau courante au milieu d’une forêt de bananiers, de plants d’ignames et de ganja, Joseph Hill nous expliquait que, malgré ses différents juridiques avec Gibbs, il n’avait pas voulu réenregistrer les chansons de Two Sevens Clash car ce disque était “une prophétie” devant rester “intacte”.

Hill disait aussi que “le reggae avait pour mission de réorganiser le monde”. Chose que nous étions franchement prêts à croire à l’époque. En effet, jamais le catéchisme rasta ne fut rendu plus contagieux que récité au fil de ce chapelet de rockers, certains, See Them a Come, Natty Dread Taking Over et évidemment Two Sevens Clash, agissant avec un stupéfiant effet de dissipation sur les humeurs les plus ombrageuses.
La voix de Hill, loin d’être un  canon d’harmonie, irradie d’une ferveur telle que les mélodies, simples et décochées avec une désarmante sincérité, finissent par ne plus vous lâcher. Le contrepoint que leur offre le chœur d’Albert Walker et Kenneth Dayes y ajoutant le petit supplément d’âme et de vigueur nécessaire.

Quant à l’accompagnement, il est royal. Sly Dunbar cogne avec, dans chaque baguette, cet alliage de puissance, de souplesse et d’économie qui a depuis fait sa légende. Et qu’importe si ce n’est pas Robbie Shakespeare, mais Lloyd Parks, qui donne la réplique à la basse, tandis qu’un trio de claviers (Franklyn Waul, Errol Nelson, Harold Butler) tricotent autour un amour de maillage.

L’ensemble, contrôlé par Gibbs, propage un sentiment de jubilation témoin du fabuleux esprit régnant dans les studios de Kingston à cette époque. LesInRocks

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  1. Calling Rasta for I – 2:31
  2. I’m alone in the wilderness – 3:26
  3. Pirates days – 2:53
  4. Two sevens clash – 3:30
  5. I’m not ashamed – 4:06
  6. Get ready to ride the Lion to Zion – 3:30
  7. Black Star Liner must come – 2:43
  8. Jah pretty face – 3:40
  9. See them a come – 3:25
  10. Natty dread taking over – 3:48

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