Eric Dolphy – Far cry


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  • CRITIQUE/

Vous ne connaissez pas Eric Dolphy… écoutez ce disque ! Il a fait longtemps partie des disques de jazz que j’aimais offrir, tant la générosité de cette session m’enchante.

Ce disque est le 1er grand enregistrement du saxophoniste. Cet hommage à Charlie Parker vient magnifier une grande rencontre : celle avec le jeune trompettiste Booker Little dont le disque « Out front » a déjà été épinglé dans ce blog. Pour le reste, Jacky Byard le pianiste de Charles Mingus, Ron Carter à la basse et le sublime  Roy Haynes à la batterie.

Je ne serais pas objectif à dire que « Ode to Charlie Parker » et « Left alone » de Mal Waldron sont absolument magiques avec chorus de trompette et de flûte traversière d’un lyrisme unique, le tout ponctué de finesse par la batterie de R. Haynes.

A la suite de cet opus, le duo idéal trompette/saxophone viendra mettre le feu pendant des concerts au Five Spot ; en attendant la mort à 23 ans du génial trompettiste qui viendra malheureusement sonner le glas de cette collaboration historique.

Un pur moment de grâce et de modernisme … Ocollus

Cliquez pour écouter (ci-dessous)

Full album……

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Far Cry est un album de Eric Dolphy avec notamment Booker Little sorti en 1961.

Les deux premiers morceaux de l’album sont un hommage à Charlie Parker. Tenderly est un solo de saxophone non accompagné, chose rare qui avait précédemment été réalisée par Coleman Hawkins.

Far Cry est donc le premier grand disque d’Eric Dolphy, et le premier d’une collaboration courte mais fructueuse avec Booker Little, trompettiste au destin funeste lui aussi (mort à 23 ans en 1961). Suivront principalement les [b]Live At The Five Spot[/b], et [b]Out Front[/b] sous le nom de Little. On retrouve également sur ce disque le fantasque pianiste Jaki Byard qui accompagnera Dolphy au sein du Sextet de Charles Mingus, et capable de jouer le répertoire entier du jazz (du stride au free), ainsi qu’une rythmique de rève : Ron Carter et Roy Haynes.

Far Cry est avant tout un disque hommage à Charlie Parker. Eric Dolphy pose d’entrée ses marques et indique d’ou il vient : le bebop ! Et aussi, et d’une façon magistrale, où il va, vers une contrée que les puristes nommeront « anti-jazz ». Ses soli sur Far Cry et Miss Ann sont d’ailleurs significatifs, totalement parkeriens et pourtant déjà « à coté » .
Hommage également à Billie Holiday en reprenant à la flute son superbe blues Left Alone. Sur Tenderly, il joue son premier titre de saxophone alto non accompagné, comme un pont jeté entre le Coleman Hawkins de Picasso et les futures expérimentations d’Anthony Braxton. Ce Tenderly est peut-être le sommet de ce disque. Sur It’s Magic, il transforme cette gentille bluette de music hall en objet d’art moderne, tout en jouant le thème avec la plus grande fidélité (à l’instar d’un Steve Lacy) et en utilisant au mieux l’amplitude sonore de sa clarinette basse, son instrument fétiche.
Le lyrisme de la trompette de Booker Little (en Clifford Brown plus triste, notamment sur Ode To Charlie Parker[/b]), le jeu trés bluesy de Jaki Byard, et la sobriété du duo Carter/Haynes apportent un contrepoint beaucoup plus classique à ce Far Cry, faisant de ce disque l’entrée idéale dans l’univers d’Eric Dolphy.

Un grand disque de jazz moderne donc, sombre et fulgurant. Il faut dire que ni Booker Little ni Eric Dolphy ne se distinguaient par leur joie de vivre (en tout cas dans leur musique)… Jazzitude.

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1.     Mrs. Parker of K.C. (Bird’s Mother)     Jaki Byard     8:03
2.     Ode to Charlie Parker     Jaki Byard     8:44
3.     Far Cry     Eric Dolphy     3:55
4.     Miss Ann     Eric Dolphy     4:17
5.     Left Alone     Billie Holiday, Mal Waldron     6:41
6.     Tenderly     Walter Gross, Jack Lawrence     4:20
7.     It’s Magic     Sammy Kahn, Jule Styne     5:40
8.     Serene

Un commentaire

  1. Effectivement, un disque abordable même pour le non initié ; mais il en faut pas plus . Non, je déconnes … Excellent choix pour une approche du jazz, même si ce genre de moment doivent être ressentis in situ, dans une cave ou un bar … Là, ouais ; pour peu que les musiciens soient noirs … Ok, j’arrête, bon article.

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