Bill Fay – Who is the sender


  • CRITIQUE/

Pour tous les fans de folk, c’est l’heure d’ouvrir les oreilles et les chakras pour finir l’année en beauté ! Oui, j’ai bien dit en beauté, avec ce songwriter découvert en 2015 avec la sortie de ce chef-d’œuvre. Musicien maudit ? Je n’en sais rien, mais après une carrière courte et chaotique, ce disque merveilleux est arrivé !

Tout en finesse, léger, spirituel, cet album envoûte comme si ce druide vous lançait un sort… mais positif ! Les violons baroques aux intonations celtiques viennent parfaire l’arrangement minimaliste et intemporel.

Beaucoup d’émotion… Ce disque est un miracle ! « Who is the sender » ne le contredira pas.

Bonne Année 2018 !  Ocollus

Cliquez pour écouter (ci-dessous)

The Geese Are Flying Westward……

War machine……

Who is the sender……

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Bill Fay est un chanteur, pianiste et auteur-compositeur anglais.

Il a publié un single (Some Good Advice/Screams in my Ears) et deux albums (Bill Fay et Time of the Last Persecution), publiés par le label Deram entre 1967 et 1971. Ces enregistrements se sont mal vendus, en raison d’une promotion et d’une distribution insuffisantes. Deram se sépara de Fay peu après la sortie de son second album.

Malgré son retour en studio à la fin des années 1970, la suite de Time of the Last Persecution n’aboutit pas avant janvier 2005. Baptisée Tomorrow, Tomorrow & Tomorrow et attribuée au « Bill Fay Group », elle fut publiée par le label Durtro Jnana.
En 2004, le label anglais Wooden Hill sortit une série de maquettes enregistrées entre 1966 et 1970, sous le nom From the Bottom of an Old Grandfather Clock

En 2009 est sorti Still Some Light, un double CD. Le premier est une compilation de morceaux anciens, le deuxième un nouvel opus enregistré par le compositeur dans son propre studio « à la maison ».

Selon Uncut Magazine, Bill Fay constitue « le chaînon manquant entre Nick Drake, Ray Davies et Bob Dylan ». Bill Fay s’inscrit en effet dans la veine des grands songwriters du tournant des années 1970, parmi lesquels on peut également évoquer Leonard Cohen, ou encore John Lennon.

Les albums originaux de Bill Fay sont aujourd’hui extrêmement rares et particulièrement recherchés par les collectionneurs, bien qu’ils soient facilement disponibles en CD depuis qu’Eclectic Discs les a ressortis en 2005. Wikipédia

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Ses disques de jeunesse étaient tombés dans l’oubli. Quarante-cinq ans plus tard, le songwriter anglais signe “Who is the sender ?”, un album spirituel, paisible comme jamais.

Il y a deux Bill Fay. Le premier nous échappa en son temps ; c’est un Londonien de 26 ans. Sur la pochette de l’album qui porte son seul nom, il a la tête rentrée dans les épaules et l’air de marcher sur l’eau. La photo en noir et blanc ne dit pas l’époque (1970). Au suivant, Time of the last persecution (1) , un portrait hirsute laisse redouter que le jeune homme ait glissé de l’aimable excentricité vers la folie. Il s’agissait plutôt d’une crise mystique, influencée par la lecture de Pierre Teilhard de Chardin. Fay met alors en musique l’idée, chère au philosophe jésuite, d’un « point Oméga » où l’homme rejoindrait Dieu. Les chansons de ces disques de jeunesse, habitées aussi par quelques démons, s’écartent juste assez des canons de la pop. Leur étrangeté a suffi pour qu’ils s’évanouissent dans un trou noir. C’est ainsi que ce songwriter nourri de Dylan et des Beatles, oublié des radars, n’eut pas même droit au statut de culte d’un Syd Barrett, le cerveau fracassé du premier Pink Floyd. Quand ses deux albums sont réédités en 1998, ce premier Bill Fay est une découverte. On l’écoute comme neuf, un peu ébahi. Qui est ce type ? Où s’est-il terré pendant tout ce temps ? Quelques années encore et le monde est prêt pour le « deuxième » Bill Fay, le septuagénaire qui livre Who is the sender ?, un testament paisible comme jamais, d’où l’émotion déborde.

Entre-temps, d’autres exhumations sont venues nous éclairer. Sur From the bottom of an old grandfather clock, récapitulant la période 1967-1971, on entend des morceaux qui, dépouillés de leurs arrangements ultérieurs (orchestre symphonique ou groupe rock), n’en font pas moins d’effet. Mieux, leur singularité éblouit et désoriente à la fois. Dans ses textes, ce Bill Fay-là se plante lui-même dans le jardin, « entre les patates et le persil » ; ou se protège du monde hostile « avec un arrosoir ». Puis délaisse cette aspiration végétative pour des illusions cosmiques. Paru en 2005, Tomorrow, tomorrow and tomor­row (2) ramasse des titres enregistrés entre 1978 et 1981. Bill Fay n’avait donc pas disparu. Il avait travaillé à l’usine ou dans des parcs. N’avait pas sombré dans la drogue. Restait obstiné dans sa quête spirituelle. Ne ressentait pas la moindre aigreur, indifférent aux soucis d’ego. De jeunes émules (Wilco, Current 93…) se passaient le mot, repre­naient tel ou tel de ses morceaux. Une gloriole tardive enveloppait l’ermite obscur. Il aurait pu s’en contenter.

La voix ne cache rien de son âge et garde toute son indécision

Et voilà qu’il faut se pencher sur un cas unique dans l’histoire de la pop : un « deuxième » Bill Fay non seulement prolonge le premier quarante ans après, mais le complète et le dépasse. On peut créditer les récents Leonard Cohen de bien des qualités déjà présentes dans ses premiers albums. Ou s’attendrir sans fausse honte sur un Dylan vieilli dans son jus. Il s’agit d’autre chose ici. Pas plus que celles du splendide Life is people, en 2012, les chansons de Who is the sender ? ne mettent en scène des personnages en observant leurs bizarreries d’un regard en biais. Ça, c’était le Bill Fay d’avant. Le musicien de la renaissance a le regard fixé sur cette insondable lumière qui le guide et l’inonde. Et lui fait peur. Sans quoi sa musique n’aurait pas un tel pouvoir. N’émettrait pas des ondes à si longue portée. Au plus sobre, on parlera de tristesse réconfortante. Ou de l’élan paradoxal qui couve parfois sous les œuvres tardives, et emporte l’auditeur.

Les mélodies sont simples, élémentaires, les accords parfois répétitifs. Un orgue ronfle, un synthé violonne. La voix ne cache rien de son âge et garde toute son indécision. Chacune de ces douze méditations trace une perspective d’apaisement. Et toujours une tension demeure. Celle d’un être infiniment fragile et résolu. « Il va changer le monde », hausse-t-il presque le ton au milieu de l’album. Exempt de pose ou de calcul, le gospel blanc de Bill Fay, allégorique et soucieux, ne laisse aucune place à l’ironie. Il s’émeut d’un simple vol d’oies sauvages (The geese are flying westward). On peut sans doute passer au large de la pauvre poésie trop claire de ces hymnes et cantiques essoufflés. Mais ceux qu’ils toucheront ne s’en remet­tront pas de sitôt. La chute de l’album précédent, The Coast no man can tell, inspirée par l’hypothèse vacillante d’une « rive d’en face », était déjà un adieu idéal. Pour cette fois ce sera I hear you calling, vieux morceau régénéré avec tout le groupe, au terme d’un album porté à bout de piano et de voix. Y aura-t-il encore un post-scriptum au dernier Bill Fay ? Télérama

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1 The Geese Are Flying Westward 2:58
2 War Machine 4:12
3 How Little 6:03
4 Underneath the Sun 5:39
5 Something Else Ahead 3:12
6 Order of the Day 3:39
7 Who Is the Sender? 4:56
8 The Freedom to Read 4:12
9 Bring It on Lord 3:52
10 A Page Incomplete 3:11
11 A Frail and Broken One 4:29
12 World of Life 5:02
13 I Hear You Calling (Studio Reunion)

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