Virgin Prunes – If I Die, I Die


  • CRITIQUE/

Le début des années 80 se montre encore créatif avec ce groupe en parfaite opposition aux paillettes que l’on tentait de nous affubler pendant cette période.

Sortis de la scène irlandaise et amis des U2, Virgin Prunes concocte un post-punk aux allures gothique !  Une forme de New-wave un peu plus décadente que la normale, où le look un peu destroy des chanteurs s’oppose à une musique tribale sophistiquée, ponctuée par des gimmicks de guitare propres à la période.

Le jeu de scène y est, tantôt provocateur ou théâtral, avec des paroles blasphématoires, des ambiances fantomatiques, volubiles, étranges. Le tout avec un chant porté par une reverb et un écho qui peut nous faire frémir. 

Mais c’est aussi le Virgin Prunes de « Pagan Lovesong » (leur single) ou celui de « Baby Turns Blue » ou « Caucasian walk » qui nous rappelle les années 80, par les rythmes dansants et frénétiques.

Ce groupe est fascinant, tant par l’originalité que la créativité, faisant ainsi partie de mon panthéon des eighteens.

Je vous invite à écouter leur tube (si l’on peut dire ceci) « Pagan Lovesong ». Entrez dans cette danse créative et macabre... Ocollus

Cliquez pour écouter (ci-dessous)

Pagan lovesong……(single)


Ulakanakulot/Decline and Fall

Bau-Dachöng

Baby Turns Blue

Caucasian walk

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Virgin Prunes est un groupe de post-punk irlandais, originaire de Dublin. Il est formé en 1977 et dissous en 1986, et connu pour sa subversion. Gavin Friday, membre fondateur et ami de The Edge et Bono de U2 poursuivit une carrière solo tandis que le bassiste et le batteur rebaptisés The Prunes, continuèrent jusqu’en 1990.

Biographie

Gavin Friday grandit dans la même rue que Bono à Dublin. Ils font tous deux partie de The Lypton Village, une sorte de société secrète. Dik Evans est, quant à lui, le frère de The Edge. Influencé par le punk, ils forment le groupe Virgin Prunes à la fin 1977 avec d’autres membre du Lypton Village. Dès leur deuxième concert en 1978 en première partie de The Clash, ils se font remarquer par leur exubérance : Guggi est habillé en femme et Gavin Friday porte un pantalon lacéré laissant apparaître ses testicules.

Leur premier single 45 tours, Twenty Tens, sort sur leur propre label Baby Records (distribué par Rough Trade) le 8 janvier 1981}, suivi par un deuxième single, Moments and Mine (Despite Straight Lines), le 27 juin 1981. Deux autres morceaux sont enregistrés avec Binttii et publié en 1981 avant des conflits avec les autres membres qui mèneront à son départ du groupe. Red Nettle est inclus dans la compilation C81 du magazine britannique NME, et Third Secret est inclus sur la compilation Perspectives and Distortion, publiée par Cherry Red.

Le projet A New Form of Beauty paraît l’année suivante : il se compose d’un single, un 25 cm, un maxi et une cassette, qui seront plus tard regroupés sur un même album. Il est essentiellement fait de pistes expérimentales.

Leur véritable premier album, intitulé …if I Die, I Die, paraît en 1982. Produit par Colin Newman, il comporte des titres plus accessibles. La même année sort Hérésie, un coffret de deux 25 cm, à l’initiative du label français L’Invitation au suicide, contenant des titres inédits et des extraits d’un concert parisien. Les relations au sein du groupe se détériorent au cours des tournées qui suivent. Guggi et Dik Prune s’en vont en 1984. The Moon Looked Down and laughed est la dernière production de Virgin Prunes avant la séparation.

Gavin Friday poursuit une carrière solo avec succès tandis que Mary et Strongman tentent de continuer sous le nom de The Prunes jusqu’en 1990. Virgin Prunes aura eu une forte influence sur les groupes gothiques des années 1980.

Le 4 octobre 2009, trois des premiers membres – Friday, Guggi et Dik Evans – jouent deux morceaux classiques des Virgin Prunes, Sweethome Under White Clouds et Caucasian Walk au Carnegie Hall pendant la soirée An Evening with Gavin Friday and Friends. J.G. Thirlwell se joint à eux aux chœurs pour l’occasion.Wikipédia


Impossible pour tout « goth » qui se respecte de faire l’impasse sur ce groupe culte de post-punk irlandais qui fut considéré à l’aube des années 80 comme étant le plus subversif de sa génération. Frisant la démence sur scène, jouant d’une théâtralité malsaine et dérangeante, douteuse et ambiguë également côté mœurs (nous sommes au début des années 80, remettons cela dans le contexte de l’époque), VIRGIN PRUNES trouve son aspect provocateur et choquant dans le punk, et sera souvent plagié de ce côté-là, mais toutefois rarement égalé. VIRGIN PRUNES est assurément punk. A 100 % dans son esprit. Mais aussi post. Car VIRGIN PRUNES, bien que s’étant constitué à la fin des années 70 aux côtés de U2 (les types se connaissent bien, ils habitaient dans la même rue et se côtoyaient au sein d’une même « société secrète », et Dik est le frère de David Evans, guitariste chez U2) est en réalité bien plus proche de Johnny « Rotten » Lydon, et de son groupe, PUBLIC IMAGE LTD… que ce soit dans l’esprit ou dans ses expérimentations musicales, ces deux groupes partageant des influences communes, outre bien évidemment le punk des SEX PISTOLS, l’extravagance de David BOWIE ou les influences hippies, libres, anti-conformistes, novatrices et tribales du krautrock…

If I Die, I Die, premier véritable album du groupe est un petit bijou. Un chef-d’œuvre brut de noirceur, d’humour et d’expérimentation, tout en gardant un côté accessible (si on aime le post-punk ou la cold wave s’entend). If I Die, I Die est aussi tribal. Les photos du livret sont parlantes : l’esprit y est plus proche de la forêt amazonienne que des briques de Dublin. D’ailleurs le côté ethnique transpire tout du long de cet album par ses percussions ou ses rythmiques (« Dave-Id is Dead », « Pagan Lovesong », « Caucasian Walk »), ses flûtes, ou dans son chant aux accents d’appel tribal « Sweethome Under White Clouds ». Et le titre « Pagan Lovesong » est également parlant. Sur ce titre, peut-être le plus marquant et fou furieux de l’album, on retrouve des voix si particulières, nasillardes, punks et criardes, voire enfantines non sans un petit côté pervers, des voix parfois superposées, ou des voix fantomatiques qui frôlent la folie et qu’on retrouvera parfois chez SOPOR AETERNUS.

L’aspect théâtral du combo ne se retrouve pas uniquement sur scène mais aussi dans les compositions : « Caucasian Walk » en est un bon exemple avec ses voix hallucinées, avec un chant proche de la déclamation, et qui se donnent la réplique. La folie est palpable : jouissif au possible… C’est certain, les cellules capitonnées de l’asile ne sont jamais loin pour ces types déjantés et dérangés. Bien sûr, il y a un humour outrageant et un grotesque assumés dans cette musique, mais au-delà de cet aspect c’est bien une plongée dans l’absurde et la folie ou dans un cérémonial surréaliste que nous propose VIRGIN PRUNES. Un groupe qui se veut d’abord libre mais qui assure n’avoir aucun message à transmettre, mis à part peut-être cet esprit de liberté.

Cet esprit de liberté dans la création se retrouve d’ailleurs généralement dans les musiques du mouvement post-punk. Et ici on n’y échappe pas. Et VIRGIN PRUNES plaira aussi sans doute à ceux qui apprécient la cold wave. Un look, une esthétique vestimentaire proches de ceux Robert Smith (The CURE), une basse bien audible, des guitares décharnées, une batterie au jeu plutôt tribal, des titres punky « Ballad of the Man » où on chante plus ou moins volontairement faux, une ambiance sombre, froide, voire fantomatique (« Fádo », « Yeo »), mais ici toujours théâtrale et décalée, à la limite de l’enfermement psychiatrique « Theme for Thought ». Et puis que dire de la plupart de ces compositions ? Absolument pas insipides, elles ont chacune leur personnalité. If I Die, I Die est vraiment le genre d’album sans réel point faible, un album brillant, absolument enthousiasmant de bout en bout si on est prêt bien entendu à pénétrer dans cet autre univers complètement barré… VIRGIN PRUNES est avant tout un groupe de cinglés qui jouent de la musique théâtrale en s’autorisant presque tout; avec une mise en scène très particulière… Forces parallèle.

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1 Ulakanakulot 2:36
2 Decline and Fall 4:51
3 Sweethome Under White Clouds 4:45
4 Bau-Dachöng 5:52
5 Baby Turns Blue 5:07
6 Ballad of the Man 3:32
7 Walls of Jericho 3:09
8 Caucasian Walk 4:45
9 Theme for Thought 5:4

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