James Brown – Soul on top
Poster un commentaire26 août 2018 par OC
- CRITIQUE/
Ce n’est pas le disque le plus connu de James Brown, mais nous comprenons assez facilement à l’écoute de celui-ci que le « Godfather Of Soul » a plusieurs cordes à son arc.
Comme m’a dit un ami dernièrement : « il serait sûrement un soutien de D. Trump aujourd’hui ! » Certes côté politique on laissera tomber, n’est-ce pas côté chanson qu’il est le meilleur ?
Ici, c’est devant l’orchestre de Louie Bellson (un des premiers batteurs à utiliser 2 grosses caisses) et sous la direction d’un des plus fins arrangeurs du jazz des années soixante, Oliver Nelson (Blues and the abstract truth), qu’il s’expose à un genre nouveau : le grand orchestre de jazz.
Et c’est avec un aplomb extraordinaire qu’il navigue dans un répertoire comme le blues, la country… où il expose ses thèmes cultes comme « It’s a Man’s, Man’s, Man’s World » ou » Papa’s Got a Brand New Bag » dans des versions inoubliables.
En écoutant ce disque, j’ai compris que ce chanteur était une énorme star de la musique noire américaine dans toute sa splendeur, avec un swing qui n’est pas donné à tout le monde. Voici donc une période plus relaxe en amont de la furie qui arrive à grands pas : Sex machine !
A posséder dans sa discothèque absolument ! Ocollus
Cliquez pour écouter (ci-dessous)
That’s My Desire……
It’s a Man’s, Man’s, Man’s World……
September Song……
Papa’s Got a Brand New Bag……
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A la fin des années soixante, James Brown connait une période extrêmement faste. Alors que le funk bat son plein, il décide de réaliser un projet qui lui tient à cœur : enregistrer un disque avec un big band. Soul On Top fait suite à Gettin Down To It, album jazz plus intimiste enregistré avec le Felice Trio. Cet album fait figure de pause salvatrice avant le séisme provoqué par Sex Machine quelques mois plus tard. Allongé dans l’herbe, ivre de joie et serein, il recharge ses batteries pour mieux entamer les folles années soixante-dix.
Deux hommes vont aider James Brown dans cette entreprise. Le premier s’appelle Louie Bellson. Ce fameux batteur de jazz et son orchestre accompagnent avec brio le parrain de la Soul, qui cette fois-ci se passe de son groupe habituel. Toutefois, Maceo Parker, fidèle parmi les fidèles, ne manque pas à l’appel. Le second se dénomme Oliver Nelson. Il est à l’origine des arrangements bouillonnants des douze chansons de l’album. Parmi celles-ci, on retrouve des standards de la chanson populaire américaine composés aussi bien par James Brown lui-même que par Hank Williams (« You’re cheatin’ Heart »), Kurt Weill (« September Song ») ou Memphis Slim (« Everyday I Have The Blues »).
Enregistré à Hollywood les 10 et 11 novembre 1969, Soul On Top dévoile un James Brown dans une forme vocale resplendissante. Son chant, déchirant, poignant, sans fioritures, se marie à merveille avec une section de cuivres éclatante. Le résultat très chaleureux s’écoute avec beaucoup de plaisir. James Brown dynamite deux de ses plus fameux morceaux : la ballade « It’s a Man’s, Man’s, Man’s World » bénéficie d’arrangements du plus bel effet, et « Papa’s Got Brand New Bag », porté par un orchestre monstrueux est diablement funky.
L’album distille des atmosphères fiévreuses où les volutes de tabacs s’entremêlent aux vapeurs de whiskey. Sur « That’s My Desire », standard composé en 1931 et repris par des dizaines d’artistes d’horizons différents, James Brown se montre plus sensuel que jamais ; ses hurlements orgasmiques s’échappent d’un brasier de cuivres en fusion. Si aucun titre faible n’est à signaler, deux morceaux moins célèbres sortent tout de même du lot, en particulier le superbe « The Man In The Glass » et le swinguant « I Need Your Key (To Turn Me On) », composé par Louis Bellson. La reprise d’ « Every Day I Have The Blues » est un choix étonnant de la part du James Brown qui ne portait pas le blues dans son cœur. Cependant, l’interprétation de ce standard lorgne ici davantage vers le jazz que le blues brut.
Alors que bien des disques de James Brown dans les sixties donnent l’impression d’être bâclés, Soul On Top est très bien réalisé d’un bout à l’autre, même s’il ne comprend pas de hits révolutionnaires. Le parrain de la soul prouve une fois de plus sa soif de projets originaux et son envie de surprendre le public en œuvrant dans un style qui ne lui est pas familier. Forcesparallèle
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1. « That’s My Desire » 4:10
2. « Your Cheatin’ Heart » 2:59
3. « What Kind of Fool Am I? » 3:06
4. « It’s a Man’s, Man’s, Man’s World » (Unedited Version) 6:40
5. « The Man in the Glass » 5:56
6. « It’s Magic » 3:14
7. « September Song » (Unedited Version) 5:02
8. « For Once in My Life » (Unedited Version) 4:43
9. « Every Day I Have the Blues » (Unedited Version) 4:28
10. « I Need Your Key (To Turn Me On) » 3:46
11. « Papa’s Got a Brand New Bag » 4:41
12. « There Was a Time » (2004 reissue only) 3:04