Tuxedomoon – Ghost sonata


  • CRITIQUE/

Comme le dit la fin de l’article ci dessous, ce disque s’écoute « à la lumière des chandelles avec un verre de vin rouge », ambiance funèbre assurée mais avec des moments de pure beauté !

Ici Tuxedomoon récupère des idées et des chutes, notamment enregistrées lors de leur travail pour Béjart (Divine) et de leur album « Desire », qui leur permet d’avoir une base pour honorer cette commande pour le festival italien « Polverigi Theatre Festival ».

Ces compos accompagneront cette pièce de théâtre filmée et projetée lors du festival. C’est ainsi que naît « Ghost sonata » !  Mais rien a voir avec la pièce de Stringberg, créateur du théâtre moderne.

Avec un orchestre de chambre, des boucles et des sons, tous plus étranges les uns que les autres, ce disque n’est pas spécialement facile d’accès, mais c’est un concept où la narration parfaite nous emmène dans un univers tantôt noir, mélancolique ou étrange. Un exercice qui colle à merveille au groupe américain qui signe ici son 10ème opus.

Envoûtant, magnifico !  Ocollus

Cliquez pour écouter (ci-dessous)

Full Album…

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Comment n’être pas séduit par un tel titre ?

‘The ghost sonata’ n’est pourtant pas le travail le plus facile d’accès de Tuxedomoon, projet inclassable par définition capable de mêler post-punk, cold wave, jazz, expérimentation… Avec ce disque, le groupe se frotte à la musique de chambre et au théâtre grâce à une invitation au Polverigi Theatre Festival. L’idée était de faire cohabiter bande-son et projection de la pièce, laquelle n’a pas grand chose à voir avec l’originale de August Strindberg (les musiciens en aimaient surtout le titre et l’ambiance ‘fin de siècle’) mais de l’aveu même des artistes, ils étaient assez peu préparés à travailler tout ça en même temps, notamment les parties théâtrales et leur écriture, d’où un travail considérable à accomplir et de nombreux rebondissements.

Musicalement, pas mal d’ébauches étaient prêtes, notamment suite aux sessions d’enregistrements de l’époque ‘Desire’ ainsi que quelques improvisations capturées lors de la composition de la bande-son pour le ballet de Béjart inspiré par Greta Garbo (‘Divine’). Globalement, l’atmosphère générale de ‘Ghost Sonata’ peut se décrire comme dépouillée et funèbre. Sur les quatorze morceaux, on en distingue principalement huit dont cinq forment une sorte de suite (‘The Ghost Sonata’, ‘Music Number Two’, ‘The Cascade/Fall’, ‘Basso Pomade’, ‘Licorice Stick Ostinato’) orientée néoclassique.

C’est tout un orchestre que Tuxedomoon a monté, avec cordes, flûte, hautbois, pour des ambiances glissant d’une certaine forme de recueillement à des montées plus dynamiques, mystérieuses, légèrement inquiétantes (‘Licorice stick obstinato’).

Les trois autres pistes (‘An Affair at the Soiree’, ‘Les Odalisques’, ‘Unsigned Postcard’) évoluent dans un registre plus proche de celui du groupe avec un usage plus marqué de l’électronique (tout particulièrement la valse de ‘An affair at the soiree’ combinant rythmique à la boîte et jeu de clarinette, sans oublier des échantillonnages de bruits, ‘Les Odalisques’ se voulant plus atmosphérique et ‘Unsigned postcard’ jouant sur les dissonances du synthé). En plus, le groupe a ajouté des sortes d’interludes courtes (‘The funeral of a friend’, ‘Catlyst’, ‘A drowning’…) lui permettant d’expérimenter avec les sons et de renforcer l’atmosphère assez glauque de l’idée d’origine. Pratiquement aucune percussion ni aucune voix en dehors d’un ou deux brefs passages récités voire samplés (‘The laboratory’), ‘The ghost sonata’ s’écoute comme une bande originale ou du moins une production dark ambient.

Sa version filmée (qui vaut franchement le coup d’oeil) sous forme de DVD est désormais disponible dans le coffret ‘77o7 Tm – 30th Anniversary Box ‘ mais jamais, à ma connaissance, avec l’album comme cela était planifié à la base. Aucune raison que cela ne retienne les fans de l’aspect avant-garde de Tuxedomoon de se procurer cette galette à déguster à la lumière des chandelles avec un verre de vin rouge .gutsofdarkness.com

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1. »The Funeral of a Friend » 1:09
2. »The Ghost Sonata » 5:36
3. »Catalyst » 0:42
4. »An Affair at the Soiree » 3:39
5. »Music Number Two » 2:56
6. »A Drowning » 2:07
7. »The Cascade » 3:02
8. »A Mystic Death » 2:16
9. »Basso Pomade (Dogs Lickin’ My Heart) » 2:36
10. »Licorice Stick Ostinato » 2:19
11. »The Laboratory » (Parts 1 & 2) 5:08
12. »Les Odalisques » 4:10
13. »An Unsigned Postcard » 3:06
14. »Music Number Two » 4:19

  • Violoncello – Antonella Lisi, Graziano Benvenutti
  • Clarinetto – Graziano Gerboni, Marcello Galli
  • Contrabbasso – Francesco Guidobaldi
  • Edited By – James Neiss*, Peter Principle
  • Fonico – Jerome Sandron*, Bruno Donini, Drem Bruinsma, Gilles Martin
  • Flauto – Gregorio Bardini
  • Oboe – Roberto Mori
  • Diretto da – Blaine L. Reininger
  • Performer – Blaine L. Reininger, Peter Principle, Steven Brown
  • Fotografo di copertina [Cover Photography] – Roberto Nanni, Saskia Lupini
  • Produttore – Tuxedomoon
  • Primo violino – Emanuela Piccini, Christina Ottavi, Sandro Rossini
  • secondo violino – Marina Santoro, Sabrina Franca, Sandra Steffanini

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