Mal Waldron – One more time


  • CRITIQUE/

Nous pouvons lire sur la pochette interne de ce disque :

« Notre durée de vie est très courte, donc je suis très heureux d’avoir cet enregistrement comme point culminant de ma vie ».

Voilà pour l’introduction. Ce disque est donc une consécration, tout en finesse il y reprend des morceaux très importants de sa carrière comme « All alone », « The Seagulls Of Kristiansund » ou « Soul eyes ». Une introspection seul au piano, tantôt accompagné de Jean-Jacques Avenel à la contrebasse avec son son bien rond, tantôt par le maître du saxophone soprano : Steve Lacy.

Vous ne pourrez pas écouter cette sublime version de All alone sur youtube (car introuvable), magnifique morceau écrit pour Billie Holiday dont M. Waldron fut le dernier pianiste. Laissez-vous emmener par le superbe « The Seagulls Of Kristiansund » qui ne peut laisser insensible.

Ce disque testament est à l’image du pianiste : libre, sensible et parfois déconcertant… Il pouvait en être fier ! Ocollus

Cliquez pour écouter (ci-dessous)

The seagulls of Kristiansund……

Soul eyes……

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Un deux trois…

Qu’on ne s’y trompe pas justement, cet album n’est pas celui d’un trio véritable, mais de trois voix qui se font entendre et sur seulement deux titres. On assiste à diverses combinatoires, avec une prédominance pour les duos piano-contrebasse : un swinguant « Blues for JJ’s Bass », « The Seagulls of Kristiansund » constamment inventif et un « Rites of Initiation » de près de douze minutes d’improvisation engagée.

Jean-Jacques Avenel se révèle plus qu’un accompagnateur : avec un son rond et boisé, bondissant quand il convient, une réelle présence farouche et libre, il fait chanter ses solos qui racontent tous une histoire. Mal Waldron s’abandonne à son tour avec générosité dans son accompagnement. Ainsi se joue entre les deux musiciens un glissement permanent de la relation. Ce déplacement inclut aussi Steve Lacy, et les lignes propres de chaque musicien, encrées dans le graphisme de la pochette (c’est le clin d’œil Sketch, sa marque de fabrique) s’entrelacent, se recoupent en tresses de couleurs interchangeables.

Avec You c’est au tour de l’ami américain de jouer du soprano avec une sensibilité tendre. Comme une récréation souriante après la tension de certains morceaux, la mélodie file sans la moindre résistance, un fredon que l’on retient tout de suite, pour longtemps.

On peut avec Mal Waldron se réjouir de la parution de ce dernier album. Il nous livre ainsi avec ce One More Time un petit fragment d’éternité. Oui, encore une fois, il a mis en jeu corps et âme. C’est que le pianiste prend la ballade comme prétexte à un retournement, de l’apparente simplicité du thème, résolument mis en route, au lent martèlement d’une marche qui a tout de funèbre. L’inaccessible a-t-il été entrevu par cet homme à la chevelure de neige, et au regard toujours brillant ?

Son jeu sobre et intense, par la rythmique répétitive, transforme cette insistance en fascination irrépressible, plus proche du vertige. La douceur de la mélodie vrille l’âme, et l’entraîne dans une nostalgie singulière, sans allégresse dans l’attaque mais aussi sans le moindre désir d’échapper au silence. D’ailleurs pour cet All Alone qu’il écrivit après la disparition de Billie Holiday, dont il fut l’un des derniers accompagnateurs, Philippe Carles évoquait « le grain du silence qui entoure la musique de Mal Waldron » dans la version au Yamaha Hall de Tokyo en 1971.

C’est exactement ce que la mémoire affective retiendra de ce tintement singulièrement obsédant.
par Sophie Chambon // Publié le 15 septembre 2002. Citizenjazz

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Monument du piano-jazz du dernier demi-siècle et compositeur remarquable, Mal Waldron interprète huit thèmes de sa plume, seul en duo ou en trio. Les duos avec le bassiste Jean-Jacques Avenel expriment une puissance maîtrisée, rare dans ce contexte souvent intimiste, et un esprit particulièrement aventureux. En trio avec son vieux complice Steve Lacy, le saxophone et le piano rivalisent de lyrisme. Dans les trois cas, tout en conservant cette qualité de jeu quasi monolithique qui est sa marque de fabrique, Waldron manifeste une extraordinaire capacité à nous étonner et à nous enchanter par la beauté de ses compositions (nouvelles ou anciennes) par l’autorité et l¹économie de son phrasé, par l’inventivité de son approche. Magnifié par une prise de son admirable, cet enregistrement peut être considéré comme un des sommets de la discographie de ce septuagénaire à la vitalité inépuisable.

–Thierry Quénum. Parisjazzcorner

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1. All Alone
2. Rites Of Initiation
3. You
4. Blues For Jj’S Bass
5. The Seagulls Of Kristiansund
6. Waltz For Marianne
7. In The Land Of Clusters
8. Soul Eyes

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