Mississippi Fred Mc Dowell & Johnny Woods – Mama says i’m crazy


  • CRITIQUE/

« Faisant sonner son instrument comme un troupeau de chevaux sauvages qui galopent vers la falaise » : voilà ce qu’on peut dire de Mississippi Fred Mc Dowell. Ce disque est enregistré par l’émule d’Alan Lomax, Georges Mitchell, qui vient capter un moment inoubliable.

Retour aux origines pour cette forme de blues sans concession, comme j’aime le dire c’est l’avant Robert Johnson. Un blues qui pour certains pourra paraître agressif, en effet on dit que Mississippi Fred Mc Dowell maltraitait sa guitare, mais pas plus qu’un Son House ou un certain Bukka White. De cette agressivité se dégage quelque chose de mystique, shamanique, originelle et transcendantale.

La réunion voulue par Georges Mitchell de ces 2 monstres du Blues country en fait un de mes disques favoris de Mississippi Fred Mc Dowell, avec un son qui dégage une proximité et une présence communicative.

ATTENTION, ça déménage !! Ocollus

Cliquez pour écouter (ci-dessous)

Full album……

————————–

Enregistré en 1967, publié une première fois dans les années 70, réédité aujourd’hui, l’album de Fred McDowell et Johnny Woods va encore faire l’effet d’une bombe artisanale impossible à désamorcer. A l’origine fut la rencontre en 1967 entre Fred McDowell, indomptable bluesman du Mississippi découvert huit ans plus tôt par Alan Lomax, qui, depuis ses années de lycée, parcourait le sud-est des Etats-Unis pour enregistrer des musiciens de blues, et son disciple George Mitchell.

Réunir le guitariste Fred McDowell, alors employé dans une station-service, et l’harmoniciste Johnny Woods, alors introuvable, ne fut pas chose facile : pendant plusieurs jours, George Mitchell a traqué la piste de ce vieux Johnny Woods avant de le trouver occupé à se torcher le museau dans une barbecue party. Fred McDowell et Johnny Woods n’avaient pas joué ensemble depuis huit ans. Leurs retrouvailles eurent lieu sous le signe du grondement tellurique, du feu d’enfer et de la transe shamanique. Ici, il faut rappeler quel incroyable guitariste était Fred McDowell, faisant sonner son instrument comme un troupeau de chevaux sauvages qui galopent vers la falaise. Si Fred McDowell avait eu le téléphone dans son gourbi de Como, Mississippi, sa guitare aurait pu appeler les services sociaux pour mauvais traitements. Quand le saignant McDo joue avec Johnny Woods, on croit entendre le sol trembler et les lattes du parquet qui explosent tout autour.

Cette musique exclamative et incandescente ignore les conventions du blues. C’est du blues, oui, mais dissonant et trébuchant, primitif et juste. En plus d’une musique incomparable de sauvagerie, on entend ici des raclements de gorge et d’autres bruits inexplicables, comme si un gars sciait du bois pendant l’enregistrement. Enfin, aux malheureux qui seraient allergiques à l’harmonica en général et à Johnny Woods en particulier, on conseillera de bifurquer sur la compilation « Heritage of the Blues » (Hightone Records/Socadisc), excellent point de départ pour remonter le cours tourmenté du Mississippi Fred McDowell. LesInrocks

————————-

Johnny Woods (19 novembre 1917 – 1er février 1990) était un chanteur de blues et harmoniciste américain dans le style du country blues du nord du Mississippi.

Woods est né à Looxahoma, dans le Mississippi, une petite ville située juste à l’ouest de la route 35 du Mississippi. Son jeu d’harmonica a d’abord attiré l’attention dans les années 1960, lorsqu’il était partenaire en duo avec le guitariste et chanteur Fred McDowell du Mississippi. Ils ont enregistré ensemble pour l’historien de la musique George Mitchell en 1967, pour Arhoolie Records de Chris Strachwitz (King of the Country Blues Vol. 2), pour Swingmaster (Blues of Johnny Woods)[3] et en solo pour Tom Pomposello et Fred Seibert de Oblivion Records (« Mississippi Harmonica ») en 1972[4].

D’un point de vue stylistique, la musique de Woods est issue de la même tradition de fife-and-drum blues du nord du Mississippi que celle de McDowell. Cependant, des problèmes personnels l’ont maintenu enraciné dans le Delta, travaillant principalement comme ouvrier agricole et métayer.

Après la mort de McDowell en juillet 1973, Woods est tombé dans l’obscurité jusqu’à ce que George Mitchell l’associe de nouveau à une autre découverte de Mitchell dans le delta du Mississippi, R. L. Burnside, lui-même un disciple de McDowell. Ils ont enregistré l’album et la vidéo de Swingmaster Going Down South.

Woods est mort à Olive Branch, Mississippi, en 1990.


1 Shake ‘Em On Down

2 Goin’ Away

3 Mama Says I’m Crazy

4 I Got A Woman

5 Red Cross Store

6 Going Down To The River

7 Standing At The Back Door

8 What’s Going To Become Of Me

9 Long Haired Doney

10 John Henry

11 I Walked All Night Long

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s