Frank Zappa – Apostrophe (‘)


  • CRITIQUE/

Sorti en 1974 à la suite de « Overnite sensation » (qui sera le premier pas dans l’univers de Zappa pour beaucoup) Apostrophe sera la meilleure vente de disques aux Etats-Unis. Il évoque le livre de Robert Flaherty, « Nanouk l’Esquimau » écrit en 1922.

Encore une ribambelle d’excellents musiciens sur cet opus, qui vont tricoter un patchwork idéal pour la narration parfois cocasse.

Par exemple, on entend de « ne pas manger la neige jaune » (Dont eat the yellow snow), mais aussi une histoire d’homme mystérieux, gourou, médium, qui offre d’aider le narrateur à atteindre le Nirvana (Cosmik debris), puis la mise en perspective d’une représentation raciste des Afro-Américains (Uncle Remus) très connue aux États-Unis, notamment par le film « Mélodie du Sud » de Walt Disney, malgré les avancées contre la ségrégation, Zappa propose là une réflexion sur le chemin qu’il reste à faire, et l’histoire d’un chien qui parle à son maître, et lui dit qu’il pue des pieds !

Ce disque est un manifeste Zappaien, et peu aussi vous mettre le pied à l’étrier du guitariste freak, après vous les avoir lavés bien sûr Ocollus

Cliquez pour écouter (ci-dessous)

Dont eat the yellow snow suite….
(Dont eat the yellow snow, Nanook Rubs It,St. Alfonzo’s Pancake Breakfast et Father O’Blivion)

Cosmik debris……

Excentrifugal Forz …..

Apostrophe …..

Uncle Remus  …..

Stink-Foot …..


Dans le disque, Fido le chien parle à son maître qui a les pieds qui puent :
« Il était une fois quelqu’un qui m’a demandé :
« Quelle est ta continuité conceptuelle ? »
Et bien je lui ai répondu :
« Il serait aisé de remarquer que le noeud du biscuit est en fait l’Apostrophe (‘) ».

Deuxième album de la trilogie des années fastes, après Overnite Sensation, mais signé Frank Zappa, faux album solo ou vrai travail des Mothers… Difficile de trancher de toute façon puisque pour le bonhomme tout est continuité conceptuelle lorsqu’il s’agit de SA musique. Il obtiendra son premier disque d’or même si les ventes restent loin des canons de la réussite financière.
Y’a du beau monde sur ce petit opus célébrissime, porte d’entrée idéale pour les curieux de se frotter à l’univers baroque du moustachu.
Bien entendu c’est Ruth et ses percus, brillantissime, qui va se tailler la part du lion, elle qui dira plus tard que c’est cette musique qu’elle a toujours voulu jouer sans pouvoir l’imaginer et Zappa ne va pas se priver de lui monter des scores royaux.
Hormis le titre éponyme, instrumental en trio sabré avec le duel entre la basse saturée de Jack Bruce, de passage, et la guitare de Z qui se lâche sans contrainte, les titres laissent libre cours à des histoires tordues, mises en scènes musicalement au cordeau. « Don’t Eat The Yellow Snow », « Nanook Rubs It », « Cosmic Debris », « Stink Foot » font presque l’effet de bandes-son sur lesquelles, au dessus, la voix grave de Frank nous plonge dans un monde imagé où la déconne est totale, avec chœurs célestes et arrangements audacieux.
Musique cartoon, funk détourné, rythme bubble-gum, textes de plus en plus surréalistes, le grand Z n’a plus besoin d’alibi, il peut tout oser, ça se marre dans les chaumières, les musiciens estomaqués ne peuvent que plier l’échine devant tant de trouvailles harmoniques et rythmiques au vu du résultat final. Les interventions de la guitare enflammée étonnent toujours plus de 30 après et créent la légende…
Apostrophe (‘) disque référence, bien sûr.. XSILENT

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Entrer dans l’œuvre de Frank Zappa relève du véritable casse-tête, voire de l’entreprise vouée au découragement. Cinquante albums au compteur et à peu près autant de styles musicaux abordés, de quoi posséder un rayon de médiathèque à son nom.

Heureusement, le barbichu a bien fait les choses et sa discographie est balisée d’albums « clé en main » qui permettent, par touches successives, d’entrer dans son temple. « Apostrophe » est résolument l’album par lequel il faut commencer. Accessible, voire facile (au sens noble du terme), et court (trop court), il synthétise à merveille les principales facettes musicales du bonhomme : musique en perpétuel mouvement, instrumentation foisonnante, humour dévastateur et mise en scène millimétrée.

Cette période de Zappa est toujours empreinte de jazz mais c’est l’élément funk qui prend désormais le dessus, conférant à sa musique un groove immédiatement identifiable et instaurant un format court au détriment des longues improvisations d’autrefois. On y retrouve les couleurs zappiennes classiques (guitare, cuivres, vibraphone, marimba, violon, fender-rhodes) et comme toujours un orchestre étoffé dont les compétences exceptionnelles sont mises au service d’une écriture d’horloger. Toutes les trouvailles patiemment accumulées depuis presque dix ans sont ici débarrassées de leur habillage expérimental et sont livrées dans leur forme essentielle.

Avec Apostrophe, Zappa met provisoirement de côté ces thèmes provocateurs favoris (sexe, politique, religion) pour aborder une histoire étonnamment sage mais toujours pleine d’humour, de classe et d’intelligence : une demi heure seulement pour nous narrer les aventures de Nanook l’esquimau, inspirées d’un film de Robert Flaherty, « The incrédible adventures of Nanook ». Rebondissements garantis !
La musique n’est pas ici une toile de fond mais se veut la mise en sons de chaque geste, de chaque onomatopée, de chaque gag et de chaque mot. Un résultat fourmillant de détails.
Dense, efficace et faussement simple, la première BD sonore de l’histoire, pour enfants ET adultes… et accessoirement, du très grand Zappa. FORCESPARALLELE

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1 Don’t Eat The Yellow Snow 2:05
2 Nanook Rubs It 4:37
3 St. Alfonzo’s Pancake Breakfast 1:50
4 Father O’Blivion 2:18
5 Cosmik Debris 4:16
6 Excentrifugal Forz 1:33
7 Apostrophe’ 5:50
8 Uncle Remus 2:50
9 Stink-Foot 6:41

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