Fela Anikulapo Kuti – Open and close


  • CRITIQUE/

Je récidive sur le « King de Lagos »  pour la deuxième fois. C‘est ici son deuxième disque avec « l’Africa 70 », qui tel une lame tranchante est composé de 4 titres déterminés, justes et sans fioriture.

La musique de cet « apôtre » de l’afrobeat est miraculeuse et démontre dans quelle circonstance cette alchimie, où les ruptures viennent rivaliser avec des cuivres, est d’une inventivité et d’une modernité surprenantes. Elle peut même faire penser au funk d’un certain James Brown ou à l’exaltation des groupes de la Nouvelle-Orléans.

Les solistes y ont aussi la part belle, ainsi que cette rythmique « organique » unique qui vient transcender une théâtralisation bien orchestrée. D’ailleurs, celle-ci grandira d’année en année avec les revendications qui s’en suivront.

Fela à l’état brut ! Ocollus

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full album……


Tout ici est tourné vers l’opulence. Opulence des rythmes, opulence des arrangements et de l’interprétation. Derrière son approche désormais immuable faisant de chaque titre une célébration rituelle haute en couleur, « Open & Close » est un disque à la musicalité extraordinaire. Le peu d’interventions vocales sur la plage titre (survenant seulement de manière ponctuelle à mi parcours, aux alentours des sept minutes) renforce cette impression. Dans l’ensemble, le tempo est soutenu, « Swegbe and Pako » étant le seul titre de ce tir groupé de trois salves à le baisser de seulement quelques bpm. Les interventions de Fela au piano électrique ont le charme des sonorités de Sun Ra, sans son côté oblique. Ce côté jazz est malgré tout renforcé par un Tony Allen toujours aussi exemplaire, s’octroyant un petit solo de batterie qui semble avoir été bâti comme une introduction à un hypothétique petit Art Blakey illustré dont il aurait été l’auteur. Bien que discrets ou parce que discrets, les guitaristes Tutu Shoronmu et Ohiri Akigbe soutiennent cette pulsation organique, et finalement obsédante, en grattant leurs cordes sans en faire des tonnes mais avec cette insistance si caractéristique qui fait que, de Jimmy Nolen (James Brown et les J.B.’s) à Nile Rodgers (Chic), même les audaces aux suaves saveurs funky peuvent être source de tensions. « Open & Close » est tout simplement une des merveilles oubliée des premières années de Fela que l’on peut enfin savourer dans des conditions optimales grâce à la collection « Fela Originals » sous licence Universal, même si ça me fait mal de le dire… Car n’est-ce pas ironique de voir qu’un anticapitaliste forcené puisse permettre à une des maisons de disques les plus répugnantes de la planète de s’enrichir sur son dos à titre posthume ? Soit… Publié en 2001 dans le cadre . Guts of darkness

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 « Open and Close » – 15:02
« Swegbe and Pako (Part 1) » – 5:41
« Swegbe and Pako (Part 2) » – 6:45
« Gbagada Gbogodo » – 9:17

 

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