Booker Ervin – Freedom book


  • CRITIQUE/

C’est toujours avec autant de plaisir que j’évoque ce saxophoniste génial qu’est Booker Ervin. La première fois c’était avec son tentet de rêve « Booker’n’brass » , maintenant c’est avec une série de 4 albums chez Prestige, en quartet, non dénué d’intérêt pour tous les amoureux de Jazz.

Il est toujours bon de rappeler que c’est Charles Mingus qui découvre Booker Ervin et que c’est avec le contrebassiste qu’il enregistrera probablement le plus de disques.

Ce quartet est unique dans l’histoire du Hard Bop composé de : Booker Ervin, ténor, d’une générosité à toute épreuve et d’une narration insolite ; Jacki Byard le pianiste de Mingus , pianiste de la terre du milieu, oscillant entre digressions contemporaines et classicisme maitrisé ; Richard Davis, compagnon de route d’Andrew Hill et le bassiste d »Out to lunch » d’Eric Dolphy, Alan Dawson, le fantastique batteur, ancien professeur de Tony Williams, ayant créé la méthode de batterie jazz la plus célèbre.

Cet album sous ses aspects Bop et de déjà vu, cache un modernisme différent de toutes les préoccupations avant-gardistes de l’époque et nous entraine plutôt vers une spirale baroque post-Mingusienne.

Une énergie unique que « A day to mourn » vient sublimer et apaiser le temps d’un momentOcollus

Cliquez pour écouter (ci-dessous)

Full album……

————————–

Le premier des quatre albums thématiques du saxophoniste ténor de Booker Ervin, The Freedom Book, est un classique méconnu. Le « song book », le « blue book » et le « Space book » ont été enregistrés par la suite en 1964 pour prestige, mais cet enregistrement séminale de 1963 est un chef d’oeuvre non conventionnel, avancé hard bop.

Moins libre que le titre l’indique, l’album reste stimulant et totalement contemporain. Bien qu’il ne soit pas aussi résolument avant-gardiste que ses contemporains Eric Dolphy et Ornette Coleman, Ervin (plus connu sous le nom de saxophoniste ténor de Charles Mingus de 1956 à 1962) a parcouru le même subtil territoire intérieur-extérieur que Jackie McLean et Sam Rivers. Également capable de lyrisme riche et de tension électrisante, le ton distinctif d’Ervin ondule avec brio dramatique. Son timbre lapidaire et son phrasé glissant et imprévisible offre une alternative bienvenue aux imitateurs Coltrane et Rollins de l’époque.

Ervin est rejoint par le pianiste visionnaire Jaki Byard (un ancien combattant des groupes Mingus classiques), un musicien hors catégorie. Byard était post-moderne avant même qu’un tel terme n’existât; son style englobe tout, de la foulée au free jazz.

La section rythmique est complétée par le bassiste imaginatif Richard Davis et le super batteur Alan Dawson (futur professeur de Tony Williams). Le phrasé unique de Davis est associé à une sensibilité mélodique non conventionnelle. L’attaque rythmique fracturée de Dawson fournit un sous-courant énervé, insinuant le temps sans l’exagérer. Son flux et reflux sans cesse modulé complète la capacité de Davis à étirer le temps tout en maintenant le pouls parfaitement.

Rarement une section rythmique a été aussi proche l’une de l’autre. Sur « Stand de Grant » Byard étire une déclaration oscillante sauvage dans une série d’arpèges descendants que Dawson accents que les deux chutes de mots, des phrases de négociation avant que Davis entre, en transposant leurs déclarations. Pour un line-up qui n’a jamais été joué en direct, ce groupe de studio révèle un niveau d’interaction et d’interaction remarquable, plus que la plupart des ensembles de tournée.

L’album est dominé par un trio de cuisinières brûlantes, avec « A Lunar Tune » qui produit une énergie de locomotive irrépressible. L’appel d’offres de Randy Weston, «Cry Me Not», et le sombre dévouement d’Ervin envers le regretté président Kennedy, «A Day To Mourn», offrent un répit temporaire. Cette édition comporte également une réduction de bonus précédemment non émise; une brève course à travers un « Stella By Starlight » vif.

Re-convoquant dix mois plus tard The Space Book (Prestige, 1964) encore plus exploratoire, ce quatuor jouait à un niveau presque télépathique. Intemporelle dans son attrait, cette édition remasterisée de The Freedom Book fait partie de la collection d’albums de tout fan de jazz sérieux. Wikipédia.

————————–

1 Lunar Tune 7:48
2 Cry Me Not 4:52
3 Grant’s Stand 8:00
4 A Day to Mourn 9:32
5 Al’s In 9:50
6 Stella by Starlight 2:50
                ———
• Booker Ervin – tenor saxophone
• Jaki Byard – piano
• Richard Davis – bass
• Alan Dawson – drums

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s