Wayne Shorter – Speak no evil


  • CRITIQUE/

Cette formation se trouve à la croisée des chemins et elle est l’embryon du 2ème quintet historique de Miles Davis.

Les soufflants sont ceux des Jazz Messengers (W.Shorter et F. Hubbard), le batteur du quartet de Coltrane (E.Jones), et le clavier et le bassiste accompagneront le saxophoniste dans la péripétie Davisienne à venir (H. Hancock et R.Carter).

Ce disque enregistré aussi chez Blue Note, vient à  la suite de « Juju » qui est un hommage à Trane. « Speak no evil » vient définitivement asseoir Wayne Shorter dans la cour des grands avec ce quintet à toutes épreuves.

Un  vent  nouveau se lève sur le jazz avec ce hard bop étincelant et créatif qui pousse vers d’autres horizons.

La valse « Wild flower » est mon coup de cœur. Un enchantement harmonique… Ocollus

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full album……


L’Asie et ses grands mystères n’ont pas encore fini de faire tourbilloner la tête des hommes. La mise en exergue de l’approche modale passe aussi par ce souvenir humide de contrées tellement vastes qu’elles ont mis du temps à révéler tous leur secrets.

Les musiques asiatiques et indiennes, répondants à des préceptes et des canons différents que celles des gammes classiques majeures et mineures sur lesquelles reposent le socle même de toute notre culture, permettent aux solistes occidentaux qui le désirent d’emporter avec eux une part de cette brume épaisse qui a rehaussé pour la postérité des disques comme « Kind of Blue » ou « My Favorite Things ».

Changement dans la continuité, tel pourrait être le credo de ce « Speak No Evil » à la classe folle. Mis à part Elvin Jones qui rempile pour la troisième fois consécutive, le line up figurant ici précède de quelque mois « E.S.P. », l’album qui officialisera le nouveau quintette de Miles Davis. Un Miles dont le rôle est repris ici par l’indéboulonnable Freddie Hubbard, toujours dans les bons coups. Deux pierres angulaires du jazz modal en moins de six mois… Wayne Shorter est en train d’apposer son empreinte de manière durable sur la scène jazz de sa plume affûtée et toujours aussi curieuse de collisions harmoniques prodigieuses.

Un sens de l’espace inné qui fait comprendre d’autant mieux pourquoi Davis a arrêté son choix sur cet homme pour effacer le souvenir envahissant du géant Trane. Mais « Speak No Evil » est plus qu’un tour de chauffe. L’oblique « Dance Cadaverous » s’impose comme la pièce la plus introvertie du lot, où le saxophoniste déborde à tâtons de son style si caractéristique pour caresser les rivages de l’avant-garde. Tous les autres titres sont emballants, « Witch Hunt », « Fee-Fi-Fo-Fum » et la plage titre, autant de classiques indémodables, bercés par ce lyrisme et cette fragrance enivrante qui n’appartient qu’à lui. « Infant Eyes », ballade douloureuse, et « Wild Flower », mélodie douce amère, referment ce nouveau chapitre du petit génie avec maestria.


• Wayne Shorter – saxophone tenor
• Freddie Hubbard – trompette
• Herbie Hancock – piano
• Ron Carter – contrebasse
• Elvin Jones – batterie

  1. Witch Hunt 8:07
  2. Fee-Fi-Fo-Fum .:50
  3. Dance Cadaverous 6:45
  4. Speak No Evil 8:23
  5. Infant Eyes 6:51
  6. Wild Flower 6.00
  7. Dance Cadaverous (Prise alternative, bonus) 6:35

 

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